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Alzheimer : Un aidant sur six éprouve de la détresse

2 septembre 2010

Deux études connexes publiées le 26 août par l’Institut d’information canadien sur la santé (ICIS) démontrent que la situation des aidants informels est particulièrement fragile, notamment lorsque la personne âgée dont il est question souffre de la maladie d’Alzheimer. En effet, un aidant sur six ressentirait de la détresse. Un sentiment qu’il est primordial de détecter à temps, afin de pouvoir proposer un relais, et assurer un accompagnement de qualité à la personne âgée ainsi qu’à son entourage.

Alzheimer : Un aidant sur six éprouve de la détresse - Source de l'image : http://fr.medipedia.be/
L’aidant du malade d’Alzheimer en première ligne

La première étude, baptisée Le soutien aux aidants naturels au cœur des services à domicile, a analysé 130 000 cas personnes âgées, dont une certaine proportion étaient atteints d’Alzheimer et ayant bénéficié de services à domicile de longue durée en 2007-2008.
Pratiquement tous les clients de ces services (98%) dépendaient d’un aidant naturel, le plus souvent un conjoint, un enfant adulte ou un voisin, prodiguant un soutien important dans les activités de la vie quotidienne, comme les courses, la gestion des médicaments, la toilette etc. Cet accompagnement n’est pas sans incidence sur la santé morale de l’aidant, fragilisé par le poids et des responsabilités et les relations parfois difficiles avec le proche malade. Ces difficultés s’aggravent lorsque la personne âgée manifeste des symptômes de dépression, un comportement social inadapté, ou une opposition aux soins. L’aidant sera alors deux fois plus susceptible de souffrir de détresse.
Par ailleurs, les aidants des clients présentant des troubles cognitifs, souvent associés à la maladie d’Alzheimer étaient 3 fois plus susceptibles d’être en détresse.


L’entrée en institution des malades d’Alzheimer

La deuxième étude, intitulée Les soins aux personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence, enseigne que pour les années 2007 et 2008, 20% des personnes âgées recevant des services d’aide à domicile de longue durée présentait un diagnostic de maladie d’Alzheimer ou d’une pathologie apparentée. 17 % de ces clients atteints d’Alzheimer souffraient de troubles cognitifs modérés à sévères. En dépit des difficultés rencontrées dans leur quotidien, ces personnes âgées demeuraient tout de même à domicile.
La décision de l’entrée en établissement des patients atteints d’Alzheimer est influencée par deux critères déterminants. D’une part, leur situation de famille. En effet, les malades d’Alzheimer célibataires, veufs ou divorcés, sont deux fois plus susceptibles d’être admis en établissement que ceux qui étaient mariées.
D’autre part, la présence de symptômes d’errance. Ainsi, les malades d’Alzheimer ayant tendance à déambuler sont sept fois plus susceptibles d’entrer en structure de soins que les autres.

Evacuation de la maison de retraite de Ceilhes-et-Rocozels

1 septembre 2010

Les occupants de la maison de retraite Saint-Joseph à Ceilhes-et-Rocozels dans l’Hérault, ont été évacués le 26 août dernier, sur décision préfectorale. Michel Gleizes, président de l’association en charge de la gestion de la maison de retraite, crie au scandale. Alors que les autorités sanitaires dénoncent de graves manquements au sein de la maison de retraite, le responsable accuse l’administration de brider les projets de mise aux normes pour améliorer le bien-être des pensionnaires.
Evacuation de la maison de retraite de Ceilhes-et-Rocozels -Source de l'image : http://www.midilibre.com/Le projet d’une maison de retraite évolutive remis en question

Michel Gleizes ne cache pas son amertume. Il investissait depuis des mois son temps et son énergie à la réalisation d’un projet unique dans la région : un complexe gérontologique réunissant plusieurs structures d’accueil, hébergeant les personnes âgées selon l’évolution de leur degré d’autonomie. Un foyer-logement, une maison de retraite médicalisée et une structure de soins gériatriques devaient sortir de terre, garantissant ainsi une prise en charge totale des pensionnaires quel que soit leur état de santé. Ce système présente l’avantage d’éviter aux résidents de partir pour une autre maison de retraite en cas d’aggravation de leur niveau de dépendance.
Au grand désespoir des partisans de la construction de ce pôle innovant, les pouvoirs publics ont pris la décision de fermer la maison de retraite existante, mettant fin au projet. En effet, plusieurs inspections ont mis en lumière un manque d’équipement et de personnel pour assurer la prise en charge des personnes dépendantes résidant alors dans l’établissement.

Le combat débute pour la maison de retraite

L’affaire prend des proportions inattendues : suite à l’évacuation de la maison de retraite, Michel Gleizes promet d’entamer une grève de la faim pour défendre ce projet d’envergure, estimé à 3 millions d’euros. Les plans de cette structure innovante, dont l’exécution était confiée à l’architecte Yves Guiter, prévoient une construction écologique, respectueuse de l’environnement et entièrement équipée pour assurer un accompagnement de qualité aux aînés.
Le maire de la commune, Jacques Cambon, se montre quant à lui optimiste mais déterminé. Le pôle gérontologique s’inscrit dans une démarche d’amélioration de l’économie rurale. Il pourrait engendrer une dynamique positive pour la région, tant sur le plan financier qu’humain. Son maintien constitue par conséquent un enjeu de taille. Le complexe se voulait ouvert sur la vie du village, favorisant le maintien d’une vie sociale de qualité pour les pensionnaires de la maison de retraite et générant des emplois. Les instigateurs du projet et les douze salariés de la maison de retraite, désormais au chômage, comptent aujourd’hui sur le soutien de l’État.

La socio-esthétique : la beauté en maison de retraite

30 août 2010

Le métier de socio-esthéticienne est encore mal connu du grand public. Prodiguant des soins aux personnes fragilisées socialement ou physiquement, ces professionnelles ont beaucoup à apporter aux aînés en maison de retraite. Les soins de bien-être et de beauté aident les pensionnaires en maison de retraite à restaurer une bonne estime d’eux-mêmes et un sentiment de confiance en soi, souvent altérés par le grand âge et la dépendance.


La socio-esthétique : la beauté en maison de retraite - Source de l'image : http://www.pigier.com/Une formation adaptée pour exercer en maison de retraite

Environ 300 socio-esthéticiennes diplômées exercent en France et prodiguent leurs soins à plus de 30 000 personnes fragilisées chaque année. Leurs domaines d’intervention sont larges : maisons d’arrêt, centres de réinsertion sociale, services hospitaliers et bien sûr maisons de retraite.
Depuis 1979, la faculté de médecine de Tours propose l’unique formation reconnue du métier de socio-esthéticienne, intitulée cours d’esthétique à option humanitaire et sociale (CODES). Déjà diplômées en esthétique, les étudiantes suivant cette spécialisation acquièrent les méthodes spécifiques relatives à la prise en charge de personnes parfois très atteintes par la maladie. Les cours théoriques sont complétés par des mises en situation, en hôpital ou en maison de retraite.
Si cette formation est extrêmement enrichissante pour exercer dans de tels milieux, elle n’a toutefois aucun caractère obligatoire, et de nombreuses esthéticiennes interviennent en maison de retraite, uniquement formées sur le terrain.

Un soin esthétique qui prend une dimension sociale

Cette discipline professionnelle s’inscrivant dans le projet de soins établi par l’équipe de la maison de retraite constitue un outil complémentaire des thérapies ordinaires.
Les prestations proposées par la socio-esthéticienne sont multiples et adaptées : un massage pour soulager un patient souffrant d’arthrose, un maquillage pour redonner le sourire à une patiente souffrant de dépression… Le choix est vaste, l’essentiel étant d’apporter bien-être et réconfort aux patients, toujours en accord avec les membres de l’équipe soignante.
Pendant la séance, la socio-esthéticienne tisse une réelle relation de confiance avec le patient. Ce contact favorise l’échange et brise la solitude des personnes âgées en maison de retraite, qui apprécient de se confier à une oreille extérieure, tout en se relaxant entre des mains expertes. L’écoute et le toucher améliorent le moral des résidents en maison de retraite. Ces derniers sont plus détendus et ceci se ressent sur l’ambiance générale régnant au sein de la maison de retraite.

Signy l’Abbaye : La construction d’un nouvel Ehpad fait débat

27 août 2010

Le maire de Signy l’Abbaye, Alain Devillard, ne s’attendait pas à un tel scandale. Lors d’une réunion publique le 27 juillet dernier, l’élu était fier de présenter le projet d’implantation d’un nouvel Ehpad dans cette ville tranquille des Ardennes. Les dirigeants du groupe Famili Santé, responsable de la construction, étaient également présents. Ils ont dû faire face aux questions d’un public très peu convaincu par la création d’un Ehpad en plein centre-ville, en lieu et place de la salle des fêtes communale.
 
Signy l’Abbaye : La construction d’un nouvel Ehpad fait débat  - Source de l'image : http://www.lunion.presse.fr/Un Ehpad en centre-ville, sinon rien

Les 200 personnes venus assister à la présentation du projet ont débattu pendant plus de trois heures avec les créateurs de l’Ehpad et les responsables politiques locaux. Les Signaciens, ayant appris deux semaines auparavant que l’implantation de l’Ehpad était prévue au centre-ville, sont venus en masse pour tenter de faire annuler le projet. Jean-Marie Clabaux à la tête du collectif souhaite clarifier le thème du débat. Si la création d’un Ehpad à Signy l’Abbaye est d’une utilité sociale incontestable, c’est sa localisation qui pose problème. Pourquoi entreprendre de tels travaux en plein cœur de la commune, alors que des terrains plus excentrés pourraient accueillir l’édifice ? Paul Violet, à la tète du groupe Famili Santé, a développé les contraintes légales et administratives entourant la création des Ehpad. Ce terrain paraît plus favorable aux autorités sanitaires ainsi qu’au Conseil Général.


Une association pour redéfinir le lieu d’implantation de l’Ehpad

Se sentant victimes d’un chantage pur et simple, les habitants de Signy l’Abbaye ne comptent pas en rester là et exigent un référendum. Le collectif, qui a déjà recueilli 450 signatures, promet d’user de tous les moyens légaux pour défendre la cause et repenser la localisation de l’Ehpad. Pour ce faire, une association ‘’Vigie Signy’’ a d’ores et déjà été créée. Alors que le permis de construire est sur le point d’être déposé, les opposants au projet demandent l’arrêt provisoire de la procédure.
Jean Violet, se dit pour sa part être consterné par l’attitude des membres du collectif. Le projet de l’Ehpad de Signy a été le seul accepté parmi les 15 dossiers présentés au Comité régional des organisations sociales et médico-sociales (CROSMS). C’est donc maintenant ou jamais l’occasion de bâtir l’Ehpad dans l’intérêt général, quitte à faire quelques sacrifices.

Ehpad : Les coûts sont à la hausse

26 août 2010

L’Observatoire des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) a récemment publié un audit réalisé par le cabinet de conseil KMPG, à partir des indicateurs de gestion recueillis en 2008 auprès de 85 Ehpad. Cette étude révèle que le coût moyen de la prise en charge d’un résident en Ehpad a augmenté de 10 %. Malgré cette augmentation, les Ehpad ne désemplissent pas.
 
Ehpad : Les coûts sont à la hausse - Source de l'image : http://www.adci.frLes tarifs en EHPAD influencés par plusieurs critères

Difficile de trouver une place en Ehpad ? La réputation des Ehpad français se confirme dans les chiffres. Avec un taux d’occupation moyen de 97 %, les structures d’hébergement pour personnes âgées dépendantes affichent complet. Malgré les difficultés financières rencontrées par un certain nombre de familles suite à la crise, l’entrée en Ehpad n’est pas une décision que l’on peut repousser, d’autant plus que le maintien à domicile s’avère encore plus onéreux.
Le rapport signé KMPG nous enseigne que le coût total moyen par résident a connu une augmentation de 10 % de 2007 à 2008, passant ainsi de 28 973 à 31 860 euros.
Attention : cette donnée est une moyenne, sachant que des écarts importants existent en fonction des structures. Le prix de journée en Ehpad est en effet compris entre 55 et 200 euros par jour, pour les établissements les plus huppés. Cette variable est influencée par plusieurs critères : le statut de la résidence (public ou privé), son lieu d’implantation et le ratio personnel/résident.
 
La gestion financière des Ehpad est satisfaisante

Le résident hébergé en Ehpad devra, s’il ne bénéficie pas de l’aide sociale, supporter en moyenne 63 % du coût de la prise en charge, ce qui représente 1 509 euros. Les sommes restantes sont couvertes par l’assurance maladie (à hauteur de 28 %) et  par le département (à hauteur de 9 %). Encore une fois, des écarts importants subsistent entre les structures et les zones géographiques. En région parisienne, le reste à charge du résident est plutôt de 2 200 euros.
Le ratio d’encadrement souffre également d’écarts importants. Il s’élève en moyenne à 0,52 agent par lit, avec un minimum de 0,33 et un maximum de 0,77.
Par ailleurs, le rapport de KMPG a analysé le coût moyen annuel d’un salarié en Ehpad. Avec de grandes disparités en fonction du poste occupé, l’Ehpad doit débourser en moyenne 39 200 euros par employé (salaire plus charges patronales).
Enfin, la gestion financière des Ehpad paraît globalement satisfaisante. 85 % des Ehpad présentent une trésorerie positive, seuls 15 % sont dans le rouge.