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Archive pour la catégorie 'Billet d'humeur'
Jeudi 6 mars 2008
La Directrice départementale des affaires sanitaires et sociales du département des Alpes-Maritimes nous a adressé un courrier, en réaction à notre précédent billet sur les « contrôles privés en maison de retraite » – voir également le billet relatant les premières réactions suscitées. Puisque le sujet est d’importance, nous accordons évidemment droit de réponse à madame la directrice de la DDASS des Alpes-Maritimes et reproduisons ci-après l’intégralité du courrier qu’elle nous a fait parvenir.
Réponse de la DDASS des Alpes-Maritimes
« Je viens de rectifier les informations erronées présentes sur votre blog consulté le 21 février dernier et figurant dans un article intitulé “un département lance des contrôles privés en maison de retraite”.
Vous avez ainsi indiqué, entre autre, sur la base apparemment de l’article d’un quotidien local, le Conseil Général des Alpes-Maritimes a pris l’initiative de recruter un prestataire de service privé qui “sera chargé d’effectuer 30 contrôles inopinés par an dans des maisons de retraite du département”.
Je vous précise qu’il y a lieu de ne pas faire confusion entre d’une part les missions légales et réglementaires d’inspection-contrôle confiées aux autorités qui sont l’Etat (DDASS) et le Conseil Général par le Code de l’Action sociale et des Familles en ses articles L.313-13 et suivants, et d’autre part toute autre mission que le Conseil Général serait amené à confier au cabinet Gérontoclef.
Je vous précise également qu’en 2007, la DDASS des Alpes-Maritimes a effectué sur l’ensemble du secteur social et médico-social 27 contrôles, dont 21 dans les établissements pour personnes âgées, pour un objectif national fixé à 13 par an. Ces contrôles sont réalisés conjointement avec les services du Conseil Général.
La directrice départementale des affaires sanitaires et sociales, des Alpes-Maritimes,
Annick PIQUET »
Dont acte : des missions de nature différente en maisons de retraite
Le courrier de madame la directrice départementale des Affaires Sanitaires et Sociales des Alpes-Maritimes a le mérite de « mettre les points sur les i » : nul prestataire de service privé ne saurait se substituer aux missions d’inspection et de contrôle dont l’Etat à la charge, en général, et dans les maisons de retraite, en particulier. Notons toutefois que madame Piquet ne dément pas formellement l’intention du conseil général de faire appel au cabinet Gérontoclef. Ce que nous pouvons comprendre à ce stade, c’est que l’intervention de ce prestataire privé, si il intervient dans les maisons de retraite du département, ne saurait être de même nature que les interventions effectuées par les inspecteurs de la DDASS.
Pour notre part, nous soutenons l’augmentation des moyens de contrôle des établissements et souhaitons que la lutte contre la maltraitance s’intensifie, de même que les sanctions contre les établissements fautifs.
La clé de l’efficacité de l’action de l’Etat en la matière réside peut-être dans l’attribution de budgets plus conséquents de manière à assurer, précisément, que les missions publiques soient correctement effectuées, sans que des conseils généraux ne songent à envisager de solutions alternatives…
Publié dans Actualité des Personnes âgées, Billet d'humeur, Maisons de retraite | Aucun commentaire »
Mercredi 5 mars 2008
Bertrand H. est employé en maison de retraite dans une résidence du 76. Il nous écrit, en commentaire à un des billets de ce blog pour nous faire part de son expérience. Loin des clichés, voici l’émotion, l’humanité et la tendresse vécue au contact des personnes âgées. La bientraitance au quotidien, en quelque sorte…
Maisons de retraite au quotidien : entre instants pénibles et moments magiques
Le témoignage que Bernard H. nous fait parvenir est éloquent à plus d’un titre. A la recherche d’un emploi, Bertrand postule auprès de la résidence M. à B., quelque part en Normandie. Arrivé non préparé dans le milieu de la prise en charge des personnes âgées, Bertrand ne savait pas vraiment où il mettait les pieds. « Je n’étais pas prêt à voir tant de choses », nous confie-t-il, « à vivre certains instants pénibles, ressentir tous ces sentiments… » Néanmoins, Bertrand apprend son métier, se forme, apprécie ce qu’il appelle des « moments magiques » de partage avec les résidents dont il s’occupe. « J’ai appris à connaître leur passé, si riche, à partager leurs peines, leurs déceptions… », poursuit Bertrand dans son émouvante confession.
Rire : le secret de la bientraitance au quotidien en maison de retraite !
« Riche de [ces nouvelles expériences], j’ai pris l’initiative de m’amuser en travaillant tout en chantant, en souriant », se rappelle Bertrand, qui précise intervenir auprès des personnes âgées en « les touchants avec affection et tendresse… » Le secret de la bientraitance, c’est un personnel sensibilisé et formé, mais aussi un personnel accompagnant heureux et joyeux. « Je fais des B.A. tous les jours », confie Bertrand, « en aidant [les résidents], rien que par de la joie de vivre. Ils oublient, l’instant d’une blague, d’un sourire, d’un service, d’une chanson d’antan ; oui ; je pense qu’il oublient un peu de leur malheur (maladie, passé, …) et rient, sourient, communiquent… : Cela n’a pas de prix… ». Un témoignage qui pourrait se passer de commentaire, et dont le point d’orgue et la clé sont les suivants : Bertrand achève son commentaire en avouant ce que les personnes âgées dont il s’occupe en maison de retraite lui apportent : « parfois », écrit-il, « ce sont eux même qui me font rire… ».
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Mercredi 27 février 2008
Notre précédent billet sur les contrôles renforcés de maisons de retraite en Alpes-Maritimes a provoqué une vague de réactions. L’initiative du département, qui nous semblait louable, suscite l’ire du syndicat des inspecteurs de l’action sanitaire et sociale. Et pour cause, ces derniers voient d’un œil inquiet l’apparition de contrôleurs privés des maisons de retraite. Explications.
Des contrôles pour prévenir la maltraitance en maison de retraite
Le département des Alpes-Maritimes compte 12 000 personnes âgées hébergées dans 230 maisons de retraite. Pour pallier l’insuffisance des moyens mis en œuvre par la DDASS, le département a décidé de faire appel à un prestataire de service privé, Gerontoclef, afin de pouvoir doubler le nombre de contrôles annuels effectués dans les maisons de retraite du département. Rappelons qu’à l’issue de chaque contrôle, il est prévu de transmettre un rapport à une cellule de coordination. Cette dernière, qui sera seule responsable de donner suite ou non, est composée de représentants d’institutions publiques : le Conseil général, la DDASS, l’Assurance-Maladie, la direction départementale de la concurrence et des fraudes, la direction départementale du travail, les services vétérinaires du département, ainsi que des représentants des parquets de Grasse et de Nice. Pour plus de détails, voir notre précédent billet sur ce thème: “Un département lance des contrôles privés en maison de retraite”.
Les réactions des inspecteurs de l’action sanitaire et sociale
Nous avons reçu des commentaires nombreux, critiquant l’initiative du département. Le SNIASS (Syndicat National des Inspecteurs de l’Action Sanitaire et Sociale) nous a adressé sa réaction officielle (Pour accéder au site du syndicat: www.sniass.fr). Les inspecteurs de l’action sociale dénoncent le manque de moyens mis à la disposition de l’Action Sociale pour effectuer les contrôles. « Songeons qu’il y a en moyenne un seul inspecteur de l’action sanitaire et sociale (IASS) par département pour contrôler l’ensemble des maisons de retraite », écrivent-ils dans le commentaire qu’ils nous adressent. « Le Syndicat National des Inspecteurs de l’Action Sanitaire et Sociale condamne l’ouverture des missions régaliennes de l’Etat à la concurrence du secteur privé », poursuivent-ils, en dénonçant « le retrait de l’Etat du secteur sanitaire et social ! ». D’autres commentaires encore font état de la légitimité problématique de ces contrôles privés, d’un point de vue juridique.
Notre opinion : garantir le meilleur accueil en maison de retraite !
Ce qui importe avant tout, à nos yeux, c’est l’intérêt des familles et des personnes âgées. Nous militons pour un développement de la bientraitance en résidence, et pour la fermeture des établissements qui sont coupables de maltraitance. Evidemment, les fonctionnaires de la DDASS s’inquiètent de voir apparaître des organismes privés : ils défendent leurs intérêts catégoriels. D’un point de vue pragmatique, l’initiative des Alpes-Maritimes ne peut être que louable : doubler le nombre de contrôles effectués en maison de retraite et offrir aux personnes âgées de meilleures garanties. Souhaitons donc – en attendant que l’Etat n’augmente budgets et effectifs- que d’autres départements emboîtent le pas à l’Essonne et aux Alpes-Maritimes !
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Mercredi 16 janvier 2008
Parmi l’éventail des différentes formules de maisons de retraite, certaines options demeurent méconnues. Alors que les maisons de retraite médicalisées (dénommées EHPAD) sont très au goût du jour, on parle peu des résidences services. Une lectrice de notre blog vient apporter son témoignage, son père ayant vécu dans une résidence service du sud de la France.
Un témoignage sur les maisons de retraite « résidences services »
Madame Colette R. nous a adressé son émouvant témoignage, étonnée de ce que les résidences services n’attirent que relativement peu de personnes. « Je croyais que nous étions nombreux à avoir des parents âgés et, un jour, à se faire du souci pour eux », écrit-elle, un brin désabusée. « Enfin, tant qu’ils sont en couple, ça va », poursuit notre lectrice, fort justement. Notre lectrice explique ensuite l’enchaînement des événements ayant conduit son père à quitter son domicile.
« Au décès de Maman, mon père […] a tenu le coup pendant quelques temps dans la grande maison où ils vivaient depuis plus de trente ans. […] mais cette maison sans Maman, c’était très dur. […] Puis un jour il a eu une infection, beaucoup de température. Il a appelé les secours. Ils ont tardé à venir. […] Noël approchait. Quitte à mourir en route, il est parti dans cet état chez ma sœur […]. Au matin, c’était un fantôme. Un médecin l’a examiné et a soigné son infection. […] Je ne sais plus très bien ce qui s’est passé pendant les quelques mois qui ont suivi. J’ai été licenciée et mon mari était à l’hôpital. […] Pendant ce temps-là je crois que ma sœur s’est renseignée sur les résidences services de la Côte d’Azur auxquelles nos parents avaient songé. Leur préférence allait vers celle de G. »
On mange bien dans cette maison de retraite
« Il y a un bon restaurant dans la résidence », écrit notre correspondante. « La cuisine y est saine et variée, le chef est un artiste en toute chose. Il y a plusieurs plats au choix, ils sont toujours bien présentés ; si rien ne plait on peut choisir aussi dans la carte de saison ou même demander au chef de cuisiner quelque chose, par exemple quand on a des invités. Le maître d’hôtel, les serveurs et les serveuses connaissent bien les résidants et leurs préférences, sans être familiers. Quand on veut dîner plus tard ou si on n’a pas envie d’aller au restaurant, on demande que le repas soit apporté chez soi ; si on est absent, le plateau est déposé dans un passe-plat. »
Avantage de la résidence services, « on peut aussi se passer de ce service, faire les courses et cuisiner chez soi, il y a tout ce qu’il faut pour cela. »
Retrouver une vie sociale après tant de solitude
« Au bar, c’est surtout à l’heure du café qu’il y a du monde. Mais il y a eu aussi des petites fêtes entre résidants qu’on a appelées « apéritifs dînatoires » tant les canapés étaient copieux et tant l’apéritif se prolongeait. Certaines occasions font l’objet d’apéritifs, les grandes fêtes, la présentation des nouveaux arrivants une fois par an, les vingt ans de la résidence… »
Un parc pour les promenades
« Le restaurant et le bar donnent sur un parc arboré […]. En juillet et août, on dîne dehors. Sur la terrasse, il y a des chaises longues, des tables, on peut papoter avec d’autres résidants dans ces lieux favorables à la détente. Le parc est bien entretenu et fait souvent l’objet des discussions car il est impossible de mettre deux personnes d’accord sur la hauteur de la taille des lauriers. On peut y marcher, c’est important pour les personnes âgées de marcher sans aller dans la rue. Il y a une pièce d’eau avec des nénuphars et une petite cascade.
Les services de la résidence
« […] Mais il y a aussi une salle de bridge, des possibilités de voyages, de sorties (théâtre, concerts). Les services incontournables sont cependant ceux rendus par les hôtesses. On dit qu’elles ne sont jamais là mais moi je me demande comment elles arrivent à faire face à tout ce qui leur est demandé en plus de leur travail parce qu’elles aident chaque résidant en particulier, l’un ne voit plus assez clair pour écrire ou lire son courrier, l’autre vient se confier. Elles répondent au téléphone, elles donnent suite à toutes les demandes (si l’on veut un taxi ou prendre un rendez-vous, si l’on a un imprévu et qu’il faut modifier les repas, réserver une chambre d’hôte ou tout annuler, si l’on a une ampoule à changer ou un vêtement à retoucher, si l’on a besoin d’une infirmière… est-ce qu’un colis est arrivé, quel est le jour où passe le pressing…) elles s’occupent de tout.
Dans tous les appartements, il y a un interphone qui permet de les joindre sans se déranger, il sert aussi à téléphoner directement aux autres résidants pendant la journée, mais il y a aussi une alarme dans chaque pièce principale, dans les salles de bains et les salles d’eau. Lorsqu’une alarme est déclenchée par un résidant, l’hôtesse appelle par l’interphone et si personne ne répond, elle vient tout de suite ; Elle est assez compétente pour juger de la situation, si nécessaire appeler un médecin ou envoyer d’urgence le résidant à l’hôpital. Les veilleurs de nuit ont la même tâche. […] Enfin il y a de belles chambres d’hôtes. C’est bien pratique quand famille ou amis viennent en visite. »
Pourquoi si peu d’intérêt suscité par les résidences services ?
Notre lectrice nous fait part de son désarroi face au manque d’intérêt du public pour cette solution de retraite que constitue le système des résidences services.
« Papa a quitté ce monde, son appartement est à vendre, en tout il y en a dix dans la résidence ! Alors je suis en colère. Il me semble qu’il devrait y avoir une liste d’attente pour bénéficier d’un appartement comme ça qui permet de vieillir tranquille en toute indépendance. Ce n’est pas le cas. […]
Pourquoi les médecins et les infirmières qui voient leurs patients vieillir ne parlent-ils jamais de l’opportunité que représentent les résidences services ? D’accord ce n’est pas dans leur fonction, mais ne pourrait-il pas y avoir des annonces dans leur cabinet par exemple ? Quelle autre possibilité pour inviter les « seniors » à essayer ce mode de vie ?
J’avoue que je ne comprends pas d’autant plus que l’aide à la personne, la démographie et ses conséquences sont des sujets d’actualité.
Peut-être y a-t-il parmi les internautes des personnes sensibles à ces problèmes chez qui cet article trouvera un écho, ou d’autres qui profiteront de l’expérience très agréable que j’ai faite avec mon père. »
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Mercredi 2 janvier 2008
Toute l’équipe de Cap Retraite vous souhaite, ainsi qu’à l’ensemble des personnes âgées, de leurs familles, des professionnels de l’aide médico-sociale et à l’ensemble des internautes que notre site intéresse, une formidable année 2008 !!!
L’actualité des personnes âgées s’annonce d’ores et déjà fort chargée pour 2008 ; voici les principaux espoirs qu’il faut nourrir pour cette année :
Le Plan Alzheimer
Incontestablement, une des grandes attentes de ce début d’année sera la mise en place du grand Plan Alzheimer 2008-2012. Très ambitieux, ce plan devrait permettre d’effectuer des progrès dans la prise en charge des malades, l’offre de soin, l’aide apportée aux familles, sans oublier les percées tant attendues au niveau de la recherche scientifique. Pour l’heure, seul un ensemble de grandes orientations et de mesures souhaitables ont été présentées au public, lors de la remise du rapport de la Commission Ménard. Le gouvernement devra choisir parmi ce panel de propositions pour tracer les contours exacts du futur plan. Une des grandes inconnues reste cependant le financement du plan Alzheimer, dont les recettes attendues des franchises médicales n’assureront qu’une partie seulement.
Le financement de la dépendance
Le tollé suscité par l’amendement qui prévoyait la récupération de l’APA sur l’héritage n’a fait que souligner l’intérêt que suscite la question du financement de la dépendance. Un grand débat parlementaire est d’ores et déjà prévu pour le printemps prochain. Il s’agira de mettre à plat l’ensemble de la question du financement de la dépendance. La création du fameux « cinquième risque » d’assurance sociale, la branche de protection sociale qui serait en charge de gérer la perte de dépendance, doit prendre forme à l’issue de ces débats : quelle étendue pour la protection ? Quels moyens de mise en œuvre ? Quels financements ? Encore une fois, cette dernière question est la plus sensible de toutes : le fameux amendement sénatorial qui visait à dénaturer l’APA en la rendant récupérable, a constitué un coup de semonce des collectivités locales. En effet, les conseils généraux des départements, qui puisent sur leurs budget le financement des 2/3 des sommes versées au titre de l’APA (le tiers restant étant financé par la collecte nationale de la CNSA, notamment grâce au lundi de pentecôte travaillé), ne sauraient supporter un alourdissement de leur fardeau budgétaire. Là réside une part pour le moins majeure, sinon prépondérante, de l’avenir de la prise en charge de la dépendance.
Un espoir de percée dans la recherche médicale
Enfin, on ne saurait conclure ce billet sur les grands espoirs pour 2008 sans évoquer la recherche médicale. L’espérance de vie a progressé, en un quart de siècle, plus qu’au court des quatre cent dernières années. Cependant, les scientifiques buttent à présent sur les maladies qui touchent le plus complexe des organes du corps humain, le cerveau. Les maladies neuro-dégénératives, Parkinson et Alzheimer en tête, mobilisent des centaines d’équipes de chercheurs, en Europe, en Amérique et partout dans le monde. Chaque découverte est un pas de plus vers la connaissance des mécanismes de ces maladies. Qui sait, peut-être annoncera-t-on cette année dans les pages de ce blog la découverte d’un vaccin préventif ou bien d’une molécule capable de stopper la dégénérescence des neurones. Espérons-le, pour le bien-être et la santé de tant de nos aînés !
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