Alzheimer : des alternatives aux médicaments
Mardi 20 septembre 2011La journée mondiale de la maladie d’Alzheimer du 21 septembre portera sur le thème : “Approches thérapeutiques non médicamenteuses”. C’est l’occasion de rappeler ce qu’entendent par là les professionnels qui se proposent de prendre en charge les malades différemment.
L’HAS recommande de réduire l’utilisation des neuroleptiques
Le taux de prescription chronique de neuroleptiques aux patients atteints de la maladie d’Alzheimer est de quelque 16 %, bien qu’on connaisse aujourd’hui les effets délétères de ce genre de traitement. La Haute Autorité de Santé (HAS) s’est engagée à faire diminuer le recours aux neuroleptiques en sensibilisant les médecins et leurs patients. Le but étant d’atteindre un taux de 5 %.
Pour ce faire, l’HAS a lancé un programme censé inciter les professionnels à prescrire moins de médicaments et à utiliser davantage différentes approches permettant d’aider le malade et ses proches sans passer par des médicaments aux effets secondaires trop importants.
Des thérapies non médicamenteuses ?
L’HAS a publié des recommandations de bonnes pratiques pour aider les soignants à appréhender la maladie d’Alzheimer d’une façon qui respecte davantage des besoins du malade. Pour faire face aux troubles du comportement d’un malade, la contention ou la médicamentation abusive ne sont pas des solutions, mais seulement une façon de contenir les symptômes les plus dérangeants pour l’entourage.
Il convient en fait d’accompagner le malade à son rythme en respectant ses peurs et ses refus. L’heure de la toilette n’a nullement besoin d’être fixe à tout prix. Le soignant peut essayer d’aborder la personne âgée lorsqu’elle est prête à accepter un soin.
L’Humanitude
Une méthode de soins particulièrement adaptée à la prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer a été mise au point depuis une trentaine d’années par Yves Gineste et Rosette Marescotti. La méthode Gineste-Marescotti, fondée sur ce que ses fondateurs appellent la philosophie de l’Humanitude, consiste à prendre soin du patient en considérant ce qu’il a de spécifiquement humain en lui. Sur le terrain, ils forment les personnels de maisons de retraite et autres établissements de soins pour qu’ils apprennent à professionnaliser leur approche aux malades d’Alzheimer, en les mettant “en humanitude”, c’est-à-dire en mettant en avant ce qu’ils ont d’humain.
Les trois piliers de cette communication soignant-soigné sont le toucher, la parole et le regard. Les soignants apprennent à s’occuper du patient en privilégiant certains gestes et en continuant à le regarder et à lui parler même s’il n’est pas dans la mesure de rendre ces signes d’humanité.
La stimulation du malade
Dans les maisons de retraite et les accueils de jour, des ateliers thérapeutiques sont proposés aux résidents atteints de la maladie d’Alzheimer pour leur procurer du bien-être et/ou stimuler leurs capacités motrices et cognitives. L’atelier mémoire, qui permet de travailler sur le processus de mémorisation des informations, est probablement le plus connu.
D’autres thérapies sont proposées : la musicothérapie, l’aromathérapie, les ateliers jardinage, cuisine ou travaux manuels… Ces activités permettent d’aider le patient à renouer avec ses souvenirs et à préserver ses facultés. Elles sont généralement pratiquées par des professionnels spécialement formés à la prise en charge d’Alzheimer : assistant de soins en gérontologie, psychologue, psychomotricien…



Des chercheurs du Rhode Island Hospital ont découvert que les huiles de poisson pouvaient avoir un effet bénéfique sur le fonctionnement du cerveau des personnes âgées. Les résultats de cette étude ont été présentés à l’occasion de la Conférence internationale sur la maladie d’Alzheimer, qui s’est tenue à Paris en juillet et a attiré plus de 5000 participants du monde entier.
A l’occasion de la 18e journée mondiale de la maladie d’Alzheimer, l’association France Alzheimer organisera différentes manifestations autour du thème “Les approches thérapeutiques non médicamenteuses”.