Les seniors plus vulnérables au cancer de la peau
Le cancer de la peau est le type de cancer le plus fréquent, surtout dans sa forme bénigne. Il atteint essentiellement les personnes âgées, dont la peau devient plus vulnérable avec le vieillissement. Le nombre cas de cancer cutané ne cesse d’augmenter, surtout chez les seniors, et il représente un lourd fardeau économique pour les systèmes de santé. Un dépistage précoce pourrait pourtant permettre non seulement de faire des économies significatives mais surtout de soigner efficacement un plus grand nombre de personnes.
Plus de 20 % d’aînés atteints du cancer de la peau après 70 ans
Le cancer de la peau concerne plus de personnes que toutes les autres formes de cancer réunies : un cancer sur deux touche la peau, soit près de 60 000 personnes chaque année en France. En outre, le nombre des cas de cancer cutané augmente rapidement chaque année : en vingt ans, il a été multiplié par trois. L’Onu estime par ailleurs qu’il devrait doubler entre 2000 et 2015. L’une des raisons de cette hausse importante est l’augmentation du nombre de personnes âgées dans la population, ces dernières étant les plus concernées par le cancer de la peau. Une série de nouvelles études publiées dans la presse anglophone montre que les seniors sont particulièrement exposés au problème du cancer cutané (mélanome ou autre forme). Dans un des articles, le Dr Stern de Boston développe un modèle mathématique permettant d’estimer la prévalence du cancer de la peau non-mélanome en 2007. D’après ce modèle, environ 13 millions d’Américains non-Hispaniques (c’est-à-dire à peau blanche, plus exposée au soleil) ont eu au moins une fois le cancer de la peau – dans sa forme la moins grave. Approximativement une personne âgée de plus de 70 ans sur cinq a souffert de cette forme de cancer.
Le dépistage précoce : une mesure indispensable pour prévenir la maladie
Les seniors sont plus vulnérables, car leur peau a plus de difficultés à réparer les dommages et à lutter contre les lésions causées par les rayons UV. On estime que 50 % des personnes âgées de plus de 65 ans auront au moins un cancer cutané au cours de leur vie. D’après le Dr Frédérique Durbec de l’Hôpital Robert Debré, qui a étudié les circonstances de diagnostic des mélanomes dans l’inter-région Nord-Est de France en 2004, la détection précoce du mélanome est plus fréquente chez les sujets jeunes, surtout ceux qui fréquentent plus souvent des dermatologues. « Un accès facile des patients chez les dermatologues, des campagnes d’informations visant les personnes âgées et une meilleure formation des médecins généralistes sont des approches complémentaires qui permettraient d’améliorer le diagnostique précoce de la maladie », explique le Dr Durbec. Le traitement du mélanome chez les seniors coûte très cher : la prise en charge d’un patient atteinte par ce type de cancer dangereux atteint plus de 2000 euros par mois. Seule la mise en place d’un dépistage précoce du mélanome chez les personnes âgées de 65 ans (population à risque) devrait permettre d’identifier à temps les symptômes du cancer de la peau pour mieux traiter la maladie et réduire le nombre de personnes gravement atteintes.


