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Archive pour mars 2009

Alzheimer : soutenir les aidants

Vendredi 27 mars 2009

D’après un sondage présenté le 13 janvier 2009 par la Fondation Alzheimer Canada, les aidants familiaux des malades d’Alzheimer vivent des changements physiologiques importants, qu’il s’agit de prendre impérativement en compte afin de les soutenir dans leur mission.

Alzheimer: soutenir les aidants - Source de l'image:www.carestation.agis.com  Alzheimer : un sondage inquiétant

Le sondage rendu public le 13 janvier dernier par la Fondation d’Alzheimer Canada révèle donc que les aidants constatent de la fatigue (47 %), des troubles du sommeil (36 %), des maux de tête (23 %), des mots de dos (21 %), une prise de poids (19 %) et parfois la détérioration de leurs problèmes de santé existants (15 %) depuis qu’ils s’occupent au quotidien d’un malade Alzheimer… En 2005, un autre sondage évaluait que 25 % de la population canadienne connaissait un proche atteint de la maladie. Vu l’ampleur de la maladie et le vieillissement certain de la population, soutenir efficacement les aidants devient un impératif.

Qui sont les aidants ?

La majorité des aidants a plus de 45 ans, et 75 % sont des femmes. Les aidants sont souvent les enfants ou les conjoints des malades, qui doivent lutter au quotidien contre cette maladie dégénérative du cerveau. Ces proches, outre l’aspect sentimental, sont aussi confronté à des problèmes pratiques : les soins de santé sont chers et encore peu efficaces, les ressources et les aides des malades sont faibles, laissant aux proches aidants davantage de responsabilités.

Une solution pour soutenir les aidants ?

Francine Ducharme, Chercheuse au Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (CRIUGM) fait partie de cette équipe de chercheurs qui a mis sur pied un projet visant à prévenir les problèmes de santé des aidants.
A l’heure d’aujourd’hui, la première phase du projet est terminée : elle a permis de recenser les besoins des aidants, et de leur proposer un programme d’intervention pour les soutenir dans leur parcours «officiel» d’aidant. D’autre part, le même CRIUGM lançait en 2007 le site Web www.aidant.ca. destiné au grand public et aux proches aidants de personnes âgées. Le site propose diverses infos pratiques, répertorie les services d’aide de la région… et se veut une référence pour les aidants en quête de réponses et de soutien. Il permet même de créer un réseau virtuel entre aidants, notamment francophones.

La bientraitance en Maison de retraite

Mercredi 25 mars 2009

La « bientraitance » est bien plus qu’un simple terme à la mode. Après l’inacceptable maltraitance de toute personne affaiblie (femmes, enfants, personnes handicapées…), les pouvoirs publics ont pris conscience qu’il fallait aussi agir en direction des personnes âgées, notamment dans le cadre des maisons de retraite. Il n’y a plus qu’à appliquer la méthode!

La bientraitance en maison de retraiteLa bientraitance, une meilleure vie en maison de retraite
Pour Yves Gineste, à l’origine du terme « bientraitance » en France : «la maltraitance c’est faire ce que l’on ne voudrait pas faire à l’un des siens (son père, sa mère). A l’opposé, la bientraitance décline les savoir-faire adaptés et positifs.» Ainsi, depuis 20 ans, ce gérontologue est sur le terrain : il côtoie les soignants dans leur quotidien, constate, note, réfléchit, et, petit à petit, met au point les «règles de l’art du prendre soin» des personnes âgées en maison de retraite. C’est alors toute une philosophie du soin qui se développe, pour une meilleure vie de nos aînés en résidence.

La bientraitance mise en œuvre par l’ «humanitude»
Musique douce, massages, matelas à eau, séances de rire… les maisons de retraite et les centres hospitaliers de gériatrie commencent à s’ouvrir à ces méthodes destinées au bien-être des personnes âgées, tout en sensibilisant leur personnel à cette nouvelle approche. Alors que ces activités ludiques n’étaient le fait que d’initiatives privées, voici que la «bientraitance» devient sujet de réflexion nationale! L’idée principale : la personne âgée est avant tout une personne ; elle a droit au respect comme toute autre personne. Le concept d’ « humanitude » est né (« Humanitude : Comprendre la vieillesse, prendre soin des hommes vieux ») : Yves Gineste préconise alors des méthodes de soins et des attitudes envers les malades qui “partent de l’être humain” ! Le sourire, ne pas donner les soins de force, être patient, créer une relation,… tout ça, c’est de l’humanitude et le personnel soignant doit donc être formé.

Encore du chemin à faire…
En France, selon un sondage, plus d’une personne sur deux a une mauvaise opinion sur les maisons de retraite. Agnès Saraux est médecin gériatre à l’Hôpital Vaugirad de Paris : “Si une personne âgée refuse la toilette le matin, on la fait l’après-midi ; Malgré notre souci de la bientraitance, les familles ont toujours l’impression qu’on violente les gens, c’est vrai que parfois il manque du temps et des moyens. De plus en plus de professionnels aimeraient travailler autrement.”La lutte contre la maltraitance à tous les niveaux est aujourd’hui devenue un enjeu. Même si les pouvoirs publics préconisent de véritables politiques de prévention et généralisent la formation des personnels en établissement, il n’en reste pas moins que la routine, la fatigue, le stress, la pénibilité et le manque de personnel sont autant de facteurs qui peuvent influer sur le traitement des retraités.”

Personnes âgées : Les bons d’achat de services à la personne

Lundi 23 mars 2009

Dans le cadre de son plan d’urgence anti-crise, l’Etat va financer des “bons d’achat de services à la personne” d’une valeur de 200 euros, au profit des personnes défavorisées et dépendantes.

Annonce du Président Nicolas Sarkozy Une annonce qui concerne les personnes âgées

Le 18 février dernier, le Président Nicolas Sarkozy a proposé une aide aux personnes défavorisées sous forme de « bons d’achat de service à la personne ». Ces bons pourraient servir à financer de l’aide à domicile, des heures de ménage, mais aussi des gardes d’enfants et des cours de soutien scolaire (de 10 à 30 heures !)… Ces bons d’achat auront pour valeur 200 euros, un par foyer. Les personnes concernées sont notamment des personnes âgées dépendantes et des parents demandeurs d’emploi.

Des bons d’achat financés par l’Etat

Ces bons d’achat sont une forme de chèques emploi-service préfinancés par l’Etat, pour permettre aux familles et personnes bénéficiaires de payer des prestataires de service. Ils seront distribués avant la fin juin et représentent pour l’Etat un coût évalué à 300 millions d’euros.

Qui sont les bénéficiaires ?

Parmi les bénéficiaires des bons d’achat, on compte “470.000 familles” qui touchent le complément de mode de garde et qui gagnent moins de 43.000 euros par an ; les parents demandeurs d’emploi qui ont besoin de faire garder leur enfant pour suivre une formation ou reprendre un emploi ; les 140.000 foyers ayant un enfant handicapé. Enfin, les “660 000 personnes de plus de 60 ans qui bénéficient de l’allocation personnalisée d’autonomie à domicile (APA)” pourront également profiter de ces bons d’achat.

L’ART-THERAPIE : une nouvelle méthode de soins en maison de retraite

Mercredi 18 mars 2009

Tout le monde connaît ces fameux dessins symétriques réalisés à l’encre (les mandalas), qui font l’objet de multiples interprétations subjectives selon les individus. Ceci est une forme d’art-thérapie. Cette méthode de soins qui mêle art et psychologie fait son apparition en maison de retraite.

Les mandalas - Source de l'image: www.italiq-expos.comQu’est ce que l’art thérapie ?
L’art thérapie utilise l’expression artistique et l’art plastique pour aider les personnes qui souffrent de troubles psychiques (désordres émotionnels, stress, manque de confiance) ou de difficultés d’apprentissage, à s’exprimer, à révéler leurs sentiments profonds. Cette forme de soutien thérapeutique est aussi utilisée comme méthode de soins des personnes âgées, dont l’expression peut être limitée. Le principe de base est d’encourager les patients à exprimer leurs émotions face à la vision d’une œuvre visuelle ou plastique (peinture, sculpture, dessin, etc.).

L’art thérapie, une véritable psychanalyse !

En effet, peu importe le talent ou le savoir-faire, le plus important est d’écouter sa “voix” intérieure et de s’exprimer à travers l’observation de la création artistique. On commence par exprimer la première “image” qui vient à l’esprit, puis on laisse “parler” son intuition et sa spontanéité. Le but est de travailler sans se soucier du résultat, celui-même qui peut être extrêmement révélateur: quelques séances d’art-thérapie permettent de surmonter la crainte de s’exprimer, de faire ressurgir des sentiments refoulés dans l’inconscient et d’aider à connaître leurs origines pour les accepter et s’en libérer ! De plus, l’œuvre plastique proposée à l’interprétation peut contenir des symboles que le thérapeute analyse comme les rêves dans la psychanalyse. Mais ici, à la différence de la psychanalyse, c’est le patient qui donne lui-même l’interprétation des symboles qu’il crée inconsciemment.

L’art thérapie est aussi une méthode naturelle de soins

A l’heure où la médecine actuelle valorise la « médecine parallèle », l’art-thérapie s’ajoute à la liste des méthodes de soins naturelles, idéales pour résoudre naturellement les problèmes. Mais la France est encore très en retard dans la pratique de cette activité, alors que l’art-thérapie existe depuis 10 ou 15 ans dans les pays anglo-saxons. Ce type de soins est encore peu répandu en raison du manque de moyens des hôpitaux publics et des établissements de soins. L’art thérapie étant une méthode particulièrement efficace pour explorer et renforcer la créativité, l’expression de soi et l’amélioration de l’estime de soi dans un but de développement personnel, il serait dommage de ne la réserver qu’au domaine privé…

Suicide des personnes âgées : une tentative pour ne plus souffrir

Mardi 17 mars 2009

Il est peut être étonnant de découvrir que le taux de suicide chez les hommes de plus de 75 ans est 7,5 fois plus élevé que la moyenne du taux de mortalité par suicides en France. Pourtant, la réalité parle d’elle-même et problème est encore largement sous-estimé. Force est de constater que le suicide chez les séniors est encore un sujet tabou.

Suicide des personnes âgée - Source de l'image: www.babyboomercaretaker.com  La prévalence du suicide des personnes âgées
En France, les décès volontaires chez les seniors sont largement plus nombreux que dans les autres tranches d’âge, et notamment chez les hommes de plus de 75 ans. En effet, leur taux de mortalité par suicide est de 150 pour 100.000 habitants, ce qui en fait le chiffre le plus élevé d’Europe. Les veufs de plus de 75 ans se suicident de cinq à dix fois plus que les femmes veuves du même âge. D’autre part, plus on vieillit, plus le risque est élevé : l’âge le plus critique se situe entre 85 et 89 ans.

Les raisons du suicide des seniors
Dans l’univers de la vieillesse, les raisons qui conduisent une personne âgée sont multiples et personnelles, mais on retrouve souvent le veuvage, les traumatismes liés à la guerre, la souffrance d’une maladie de longue durée, la solitude et le sentiment de ne plus servir à rien ni à personne. Ce mal-être se termine alors par la réalisation du geste irréversible, une fois sur deux. Ne pouvait-on pas le prévenir ? Le problème, c’est que les signes de dépression sont souvent masqués chez les personnes âgées, ou considérés comme « normaux », liés à la vieillesse, malgré le constat que le « désir d’en finir » est intense. Même dans la famille, on parle très souvent de suicide légitime, rationnel, d’un choix sensé. Comme si le suicide était une fin de vie anticipée, une précipitation vers cette mort de toute façon inéluctable. Mais c’est là occulté la souffrance de l’être…

Le suicide des personnes âgées : un tabou ?

Le chef du Service Psychiatrie de Brest, le professeur M. Walter, souligne : « quel que soit l’âge, toute tentative de suicide est une tentative pour ne plus souffrir ». Comment lutter contre ce mal-être? « En en parlant, répond le psychiatre, et en faisant passer ce message: oui, on peut être vieux sans être déprimé! ». La dépression est un signe de cette souffrance. Elle est pourtant mal détectée et par conséquent peu traitée chez les personnes âgées, ce qui pourrait expliquer ces chiffres accablants. «Le tabou du suicide chez l’adolescent est tombé, alors qu’il persiste vis-à-vis des personnes âgées», souligne-t-il. La souffrance doit être exprimée et écoutée. Afin de sensibiliser le public à cet autre phénomène de la vieillesse, les associations de prévention du suicide ont commencé à faire des campagnes d’informations… mais le problème devrait peut-être relever de la santé publique, comme aux Etats-Unis.