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Archive pour décembre 2008

Un Plan contre la maltraitance en maison de retraite

Lundi 22 décembre 2008

Suite au «sentiment de suspicion» du grand public vis-à-vis des établissements de retraite provoqué par la diffusion sur France 2 d’un reportage choc en caméra cachée, le gouvernement souhaite mettre en place un plan pour lutter contre la maltraitance et les comportements indignes à l’égard des personnes âgées.

Les multiples facettes de la maltraitance envers les seniors

En France, la maltraitance des personnes âgées a plusieurs facettes : souvent physique (25,6 % des cas signalés au « 39 77 », le numéro national contre la maltraitance), elle peut être également psychologique (25 %), financière (12 %) ou encore médicale. La maltraitance s’exprime souvent de manière sournoise et passive, avec des négligences de tous ordres, du tutoiement à l’inattention, en passant par le manque de pudeur. Face à l’ampleur constatée de ces mauvais traitements (environ 31 245 appels au « 39 77 » depuis février 2008), Madame Valérie Létard, Secrétaire d’État chargée de la Solidarité, a lancé un plan de «bientraitance des personnes âgées accueillies en établissement». Si la formation des professionnels occupe déjà une large place dans le dispositif anti-maltraitance, l’axe principal à renforcer est surtout le contrôle des établissements. L’idée est la suivante : sur 1 000 contrôles effectués par an, 750 devront être inopinés au lieu de 500 actuellement (soit une augmentation de 50% !).

Un plan insuffisant qui ne convainc pas

Si cet effort de renforcement des contrôles est louable, il reste relatif quand on sait qu’il existe plus de 10 000 maisons de retraite en France, et que l’action sanitaire (la DASS) ne cesse de dénoncer un manque d’inspecteurs pour mener à bien ces contrôles. On estime que la moyenne sur le territoire est d’un inspecteur pour 120 établissements ! Il se trouve aujourd’hui que près de «cent établissements par an sont fermés pour cause de vétusté ou d’insalubrité», d’après la Ministre de la Solidarité. Mais les associations ne semblent pas convaincues. Elles souhaiteraient notamment un état des lieux, département par département. De plus, ces associations se demandent pourquoi renforcer le contrôle des établissements alors que la maltraitance a majoritairement lieu à domicile (dans 74 % des cas selon les dernières statistiques)? A la ministre de répondre qu’il faut atteindre la « tolérance zéro » en établissement pour commencer, tout en promettant un renforcement à domicile. Le chemin semble encore long…

Un nouveau type d’hébergement en maison de retraite

Vendredi 19 décembre 2008

EHPA? EHPAD? MAPA? Foyers logement? Résidence services? La liste des différents types d’établissement pour personnes âgées est déjà longue et pourtant, de nouvelles idées de mode d’hébergement émergent toujours. Ainsi, la maison de Montfaucon à l’organisation tout à fait originale.

Maisons de retraite : quels sont les types d’hébergement existants ?

Le terme générique de « maison de retraite » englobe un ensemble très hétérogène de structures, lesquelles dépendent soit du secteur public, soit du secteur privé. Ces établissements peuvent être plus ou moins médicalisés selon qu’ils ont pour vocation d’accueillir des personnes âgées autonomes, en perte d’autonomie ou complètement dépendantes. Enfin, le séjour peut être de longue durée ou temporaire. Aujourd’hui, on parle d’EHPA (Etablissements d’Hébergement pour Personnes Âgées), ou d’EHPAD (Etablissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) pour des centres médicalisés, où les personnes âgées en perte d’autonomie ont besoin de l’attention et des soins d’un personnel permanent.
Pour les personnes valides et plus autonomes, ne désirant pas vivre isolées, ce sont les Foyers logements et les Résidences Services qui leur sont adaptées : ce type d’hébergement collectif est conçu pour servir d’intermédiaire entre le domicile personnel et la maison de retraite traditionnelle, en permettant de conserver une certaine indépendance au sein d’appartements individuels tout en bénéficiant de services collectifs (restaurant, activités diverses).

Un nouveau type d’hébergement en maison de retraite

Aujourd’hui, la tendance est de favoriser un hébergement dans un environnement social et familial, loin du modèle hospitalier. Dans cette optique, un nouveau concept d’hébergement pour personnes âgées dépendantes vient de voir le jour au cœur du village de Montfaucon, en Franche-Comté: une maison de 250m2 accueille 6 pensionnaires dépendants au rez-de-chaussée tandis que 3 salariés aide-soignant et leurs familles habitent à l’étage. Ainsi, pour la première fois en France, résidents et personnel vivent en colocation, sous un même toit !
Le concept permet aux résidents de louer leur chambre, en se sentant « comme chez eux ». Même si ce projet est relativement récent, la maison étant en fonction depuis le 1er septembre 2008, d’autres maisons de ce type sont déjà prévues dans les communes de Mandeure, la Rivière-Drugeon, Orchamps-Venne et Montbozon, toutes situées dans le Doubs, en Franche-Comté.

L’ampleur de la maladie d’Alzheimer serait sous évaluée

Mercredi 17 décembre 2008

L’Association France Alzheimer, reconnue d’utilité publique, soutient les familles des malades, informe l’opinion et les pouvoirs publics, contribue à la recherche et forme les bénévoles et les professionnels de la santé depuis 1985. L’association, présente dans toute la France avec plus de 300 antennes locales, et 150 000 adhérents, dénonce aujourd’hui le manque de données statistiques sur ce nouveau fléau qu’est la maladie d’Alzheimer.

France Alzheimer dénonce le manque de données statistiques sur la maladie

D’après France Alzheimer, les études statistiques concernant l’Union européenne ne sont pas réactualisées depuis 17 ans. La dernière enquête (EURODERM) remonte à 1991 et faisait état, à l’époque, de 6,1 millions de personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée au sein de l’Union européenne.
Pour cette raison, l’Association a demandé à la Commission européenne de financer une étude pour suivre dans le temps un échantillon représentant au mieux la diversité des populations européennes et leurs risques pathologiques.
En effet, les résultats risqueraient d’être surprenants, vu l’ampleur de la maladie. Rien qu’en France, l’enquête PAQUID a permis d’établir un écart supérieur à dix points à l’intérieur du même genre et de la même classe d’âge entre les deux études.

Les enjeux de nouvelles données

La maladie d’Alzheimer est devenu un enjeu de santé publique majeur, puisque les risques sont plus élevés en fonction de l’âge du patient (taux de prévalence) et que le vieillissement de la population est inéluctable.  On estime que les personnes âgées de plus de 65 ans (17% de la population de l’Union européenne en 2008) représenteront 25,5% en 2030. Le taux de prévalence est actuellement de 1,5% entre 60 et 70 ans, de 5% entre 70 et 80 ans, dépasse 15% entre 80 et 90 ans et culmine à plus de 30% au-delà de 90 ans.
De nouvelles statistiques permettraient à l’Europe d’appréhender avec finesse les besoins résultant de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées.

Colloque annuel sur la maladie d’Alzheimer

Mardi 16 décembre 2008

Cette semaine, mercredi 17 décembre 2008, l’Association France Alzheimer organise son colloque annuel sur la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées.

L’Association vous attend à Paris pour ce grand rendez-vous annuel: que vous soyez chercheurs, médecins, assistantes sociales, proches d’un malade ou encore bénévoles dans des associations concernées par l’accompagnement des malades ou par la lutte contre la maladie, participez à cette journée de rencontres de 9h30 à 17h30.
Au programme: un débat sur les enjeux socio-économiques de la maladie d’Alzheimer; une réflexion éthique et juridique; le soutien à la recherche; des idées pour changer le regard sur la maladie; des ateliers sur la qualité des soins, sur la formation des aidants, sur les troubles du comportement et leurs traitements… ainsi qu’une table ronde sur l’actualité de la recherche.

Informations et inscriptions :
Service communication France Alzheimer
Tél. : 01 42 97 52 34
E-mail : e.christmann@francealzheimer.org

Plan Anti cancer version 2

Lundi 15 décembre 2008

Dans une lettre de mission datée du 15 octobre dernier, Nicolas Sarkozy s’adresse au Professeur Jean-Pierre Grünfeld, pour qu’il formule des recommandations quant au prochain Plan Anti cancer, qui suivra le premier Plan lancé par la présidence française en 2003.

Le Premier Plan cancer en réaction au développement de la maladie
En 2003, l’Organisation Mondiale de la Santé publie un rapport alarmant annonçant qu’en 2020, 15 millions de nouveaux cas de cancers par an seraient déclarés dans le monde, soit une augmentation de 50%. En conséquence, l’OMS avait tiré la sonnette d’alarme pour que des mesures sérieuses soient prises afin d’enrayer cette progression.
Le tabagisme, l’alimentation et le vieillissement de la population étant les principaux facteurs responsables de cette augmentation, l’OMS propose de mettre en place des campagnes de prévention des risques, et d’appliquer le dépistage précoce de certains cancers les plus fréquents (cancer de la prostate, du poumon et du sein). C’est dans cette lignée que le Président de la République, Jacques Chirac, propose le premier Plan anti-cancer sur une durée de 5 ans.
Lancé le 24 mars 2003, le Plan de mobilisation nationale contre le cancer comporte 70 mesures réparties en six chapitres : prévenir, dépister, soigner, accompagner, former, comprendre et découvrir la maladie.

Un nouveau Plan Anti cancer
Dans sa lettre adressée au Professeur Jean-Pierre Grünfeld, néphrologue à l’hôpital Necker à Paris et membre de l’Académie des sciences, le Président de la République Nicolas Sarkozy souhaite donner un nouvel élan national pour la lutte contre le cancer, et le charge d’élaborer des recommandations pour le prochain plan cancer.
La progression de la maladie étant toujours alarmiste, même si l’analyse des résultats du premier Plan cancer conduit à un bilan globalement positif, il s’agit aujourd’hui de renforcer la surveillance des risques, et d’établir “des données plus fines et plus rapidement accessibles sur les évolutions de l’épidémiologie”. La priorité est donc donnée aux actions de prévention, et à la Recherche scientifique. L’Institut National du Cancer (Inca) est désigné comme «l’opérateur de référence» sur lequel s’appuiera le Professeur Grünfeld. Ce dernier pourra notamment prendre appui sur les travaux d’état des lieux, d’évaluation et de bilan du plan cancer 2003-2007 menés en 2008 par le Haut Conseil de la santé publique, la Cour des Comptes et les administrations concernées (Ministères de la santé, de la recherche, agences sanitaires).