L’humanitude ou l’évolution vers la bientraitance
Concept relativement récent depuis une dizaine d’années, l’humanitude pénètre tranquillement les milieux hospitaliers et les maisons de retraite, pour le plus grand bonheur des soignants et des patients. Explications.
Pour la petite histoire…
Tout a commencé il y a vingt cinq ans avec deux profs de gym, Yves Gineste et Rosette Marescotti, qui se sont demandés comment faire pour épargner le dos des aides-soignants. Ils ont alors mis au point des techniques de manutention qui évitaient les douleurs dorsales, tant pour les soignants que pour les personnes âgées. Ils ont ainsi été rapidement confrontés aux difficultés des soignants dans la prise en charge des personnes âgées. C’est dans ce contexte qu’ils se sont alors formés à la psycho-gériatrie pour comprendre ce qui se passait. En 1995, ils décident d’écrire une nouvelle philosophie de soin qu’ils baptisent la « philosophie de soin de l’humanitude ». Ils y décrivent les « règles de l’art » qu’ils ont patiemment recueillies, testées et validées sur le terrain auprès des soignants depuis 26 ans.
Le concept d’humanitude
La « Métho » est basée sur un principe fondamental : le soignant doit accompagner le patient grâce à un contact humain. Le toucher, la parole, le regard, tout est pris en compte. Le « vivre et mourir debout », l’« auto-feed-back » pour maintenir une communication continue avec la personne aidée, le « toucher tendresse », la « capture sensorielle »… autant de techniques qui, sur le terrain, donnent des résultats immédiats et spectaculaires : pacification de 90 % des comportements d’agitation pathologiques, baisse de prise de médicaments dans plus de 70 % des cas…
Des bénéfices importants
Cette méthode permet ainsi d’apaiser les personnes âgées et de baisser les doses médicamenteuses. Elle permet également au personnel de mieux s’occuper des patients puisqu’ils acceptent mieux les soins. On constate enfin moins d’absentéisme du personnel, les malades se portent mieux et les degrés de dépendance chutent. Les cris et les troubles du comportement ont tendance à disparaître. Les patients sont plus heureux.
Particulièrement adaptée aux malades d’Alzheimer qui conservent essentiellement une mémoire affective, cette méthode allie les gestes et les paroles affectueuses et apaisantes ; le personnel soignant aborde les personnes âgées en les regardant dans les yeux et en leur tenant la main. Ils prononcent également des paroles calmantes. Ainsi, certains patients réfractaires aux soins acceptent les actes de toilette et de soins quotidiens.
On pourrait dire que l’humanitude, c’est l’ensemble des particularités qui permettent à un homme de se reconnaître dans son espèce ; c’est un peu d’humanité retrouvée dans ses rapports à la communauté.
Pour en savoir plus
Humanitude, Comprendre la vieillesse, prendre soin des hommes vieux
Yves Gineste et Jérôme Pellissier, Chez Armand Colin, Editions sociétales



