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Archive pour mai 2008
Vendredi 30 mai 2008
On connaissait le bracelet anti-fuite pour les prisonniers ; voici maintenant le bracelet anti-fugue pour les malades d’Alzheimer. La solution apparaît comme révolutionnaire, mais n’est pas sans poser quelques problèmes d’éthiques. Explications.
La fugue en maison de retraite ou à domicile : un problème récurrent pour les malades d’Alzheimer
Le taux de « fugue » ou d’ « errance » pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer atteint près de 60%, avec un risque élevé d’issue fatale si les personnes ne sont pas retrouvées rapidement, généralement dans les 24 heures. On peut distinguer trois grands types de situation de fugues. La première, chez les malades débutants. Un matin, alors que la personne se promène, elle prend exceptionnellement la rue de gauche plutôt que celle de droite. Là, hors de son trajet habituel qu’elle connaît parfaitement, elle se retrouve totalement désorientée. Deuxième cas, à un stade de la maladie un peu plus avancé. Les malades peuvent confondre le jour et la nuit. Il leur arrive d’aller faire les courses à 2 ou 3 heures du matin. Ils se retrouvent alors en pleine nuit dans une ville qu’ils connaissent, mais où tout est sombre et où il n’y a personne. Ils peuvent être terrorisés et se perdre. Enfin, dernier cas de figure, à un stade avancé de la maladie, les patients rencontrent des problèmes de mémoire proche. Il n’est alors pas rare de les voir partir à la recherche d’un parent. La plupart du temps il s’agit de leur mère.
Le bracelet électronique : une solution efficace pour les maisons de retraite…
C’est dans ce contexte que les bracelets électroniques anti-fugue apportent une solution aux problèmes auxquels sont confrontés les familles, les proches ou le personnel soignant des maisons de retraite. En effet, le bracelet électronique peut être utilisé pour prévenir les fugues et les chutes, aussi bien à la maison ou en institution ; il peut même prévenir des vols de nourrissons dans les maternités, comme c’est le cas depuis avril 2007 où le CHI Le Raincy-Montfermeil et l’Hôpital Américain de Paris se sont équipés du Blue Tag. Le principe est simple ; il s’agit d’un bracelet comprenant un système de géolocalisation ainsi qu’un système automatique de détection et d’alerte. Ainsi, le bracelet détecte automatiquement toute sortie de la zone considérée comme sécurisée.
… qui pourrait poser des problèmes d’éthique potentiels
La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) dit avoir été saisie ces derniers temps de plusieurs dossiers de mise en place de tels dispositifs au sein de plusieurs maternités. Elle s’interroge publiquement sur le déploiement de ces technologies de surveillance pour « les personnes vulnérables ». Elle a donc décidé de lancer un chantier de réflexion, et va créer au mois de juin prochain un groupe de travail. Différents acteurs seront auditionnés. Elle rendra publiques ses conclusions sur le sujet, à l’automne prochain en principe.
A ce stade, la Commission, tout en convenant que ces dispositifs ont le but « louable d’assurer la sécurité de ces individus », s’interroge sur leur caractère « proportionné ». Et estime que leur déploiement à grande échelle comporte un risque potentiel. Et ce, quelle que soit la technologie utilisée : bracelet électronique, outil de géolocalisation destinés aux enfants ou encore capteurs de mouvements au domicile des personnes âgées. « Nous craignons que ces dispositifs ne se multiplient dans d’autres établissements comme les crèches, les écoles où ils deviendraient des outils de surveillance active » commente Anne Debet, commissaire en charge du dossier à la CNIL.
Pour la CNIL, la technologie ne doit pas se substituer aux responsabilités des individus. «Nous devons définir le bénéfice réel de ces technologies, vérifier qu’elles ne répondent pas uniquement au besoin de rassurer les parents et de dégager les hôpitaux de leurs éventuelles responsabilités en cas de rapt. La question n’est-elle pas plutôt celle du problème de l’accès dans les établissements de santé et du manque de personnel ? » s’interroge Anne Debet. Le débat est lancé !
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Jeudi 29 mai 2008
Cigare électronique, pipe électronique, mini cigarette électronique…. Tous ces produits qui viennent de Chine envahissent le marché français, et les fabricants s’en donnent à cœur joie : différences de taille, de goûts, et même de design avec des cigarettes zébrées, rose, ou à motifs diverses. Nocives ou bénignes, la polémique est lancée. En attendant une position claire des Services de Santé, il est pour le moment possible de fumer dans les lieux publics, et notamment dans les maisons de retraite. Explications.
La cigarette électronique, une révolution pour les fumeurs
Depuis la mise en application le 1er janvier 2008 de la loi sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics en France, la cigarette électronique est en pleine expansion ; elle apparaît en effet comme une solution de contournement à l’interdiction, en plus de ne présenter aucun danger pour la santé.
Fraîchement arrivée de Chine depuis quelques mois, la cigarette électronique est une concurrente directe des innombrables solutions de sevrage tabagique proposées entre autres par Pfizer et Novartis ; elle reproduit en effet artificiellement le goût et la fumée d’une véritable cigarette blonde. D’après un site marchand, elle ne produit pas de combustion, donc aucune des 4 000 substances toxiques ou cancérigènes d’une vraie cigarette. Mais ce qui va surtout en intéresser plus d’un, c’est qu’apparemment, elle serait autorisée dans la plupart des lieux publics !
Le procédé est simple : il s’agit d’un petit appareil, ressemblant à une vrai cigarette, divisé en 3 parties : une batterie, un atomiseur et une cartouche. La cigarette électronique contient de la nicotine (optionnel), de l’acide lactique pour l’arôme artificiel de tabac et du propylène de glycol. Lorsque l’on aspire, le microprocesseur active un atomiseur qui mélange le liquide avec l’air inspiré. Ce mélange est propulsé sous forme de vapeur et est aspiré par l’utilisateur. L’évaporation du glycol donne l’impression d’une véritable fumée produite par une cigarette. L’appareil ne simule pas uniquement l’acte de fumer mais délivre le mélange vaporisé à la température de 50-60 °C, comparable à celle d’une cigarette. Lorsqu’on tire sur la cigarette électronique, la batterie va chauffer l’atomiseur qui va transformer le liquide de la cartouche en vapeur, créant ainsi une “fausse fumée”. Le fumeur garde donc les plaisirs (gestuelle, fausse fumée et nicotine) et élimine les inconvénients (tabac, produits toxiques…). Qu’on la choisisse comme méthode d’arrêt du tabagisme ou pour continuer sans se détruire la santé, la cigarette électronique est présentée comme la solution pour en finir avec les maladies liées au tabagisme et au tabagisme passif.
Un « no man’s land » législatif
Même si la e-cigarette est présentée par ses fabricants comme une alternative saine à la consommation de tabac, rien n’en est moins sûr… En effet, les fabricants soutiennent que puisqu’il n’y a pas de combustion, aucune substance cancérigène telle que les goudrons n’est émise. Cependant, aucune étude scientifique contrôlée publiée n’a encore validé l’efficacité éventuelle de ce type d’appareil pour le sevrage tabagique.
Ni Identifiée comme un médicament, ni comme un produit tabagique, la cigarette électronique se trouve actuellement dans un « no man’s land » bien commode pour les fabricants. L’Administration quant à elle a réunit des experts mais tarde à trancher la question.
Nocive ou inoffensive, la polémique sur la e-cigarette est lancée
Présentée comme sans danger et vendue essentiellement sur internet, la e-cigarette risque de défrayer prochainement la chronique. En effet, fabricants, vendeurs, sites comparatifs… la décrivent comme une alternative “sans danger”, ”Non-cancérigène”, “Naturelle”… Or le Propylène glycol peut se révéler nocif : le propan-1,2-diol ou E1520 est un produit chimique utilisé principalement comme anti-gel. D’après Wikipédia (source toxicologie INSERM), “dans les cigarettes électroniques, l’exposition est pulmonaire (on avale la fumée), cutanée (le liquide goutte un peu sur les lèvres, si la cigarette est un peu orientée au dessus de l’horizontal) et digestive (on en ressent le goût sur la langue, et mélangé à la salive, le produit est ingéré).
Enfin, vendue en moyenne 79 Euros plus les frais de port de 8 Euros, sans omettre les cartouches consommables (8 euros les cinq), elle revient moins chère qu’un paquet de cigarette classique.

Pour en savoir plus
www.info-ecigarette.com
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Mercredi 28 mai 2008
Dans notre article sur la nutrition au cœur d’un vieillissement réussi, nous évoquions l’importance de la nutrition dans le processus de vieillissement. Récemment, de nouvelles études révèlent l’importance de la vitamine D dans la nutrition. Explications.
Les premières conclusions d’une étude canadienne
Un groupe de chercheurs universitaires, appelé le groupe NuAge, s’intéresse à la nutrition comme déterminant d’un vieillissement réussi. Depuis quatre ans, 900 hommes et 900 femmes de Sherbrooke et de Montréal, nés entre 1921 et 1935, subissent les tests NuAge. Une série de mesures, biologiques nutritionnelles, fonctionnelles, médicales, et sociales sont recueillies annuellement chez chaque participant. Ce programme inclut également sept études imbriquées sur des problématiques de recherche pertinentes et complexes, telles que l’influence de la nutrition sur la mémoire, les effets bénéfiques de la consommation d’aliments fonctionnels sur la fonction immunitaire, etc. « On traite quelque 1000 variables par personne par année », compte Hélène Payette, professeur à l’Université de Sherbrooke et responsable du groupe.
Les conclusions préliminaires viennent d’être publiées et peuvent être regroupées en 3 catégories :
- les personnes âgées manquent généralement de vitamine D.
- les antioxydants consommés à toutes les périodes de la vie ont un impact sur la santé jusqu’à un âge avancé.
- le niveau d’obésité a plus d’importance en ce qui a trait à la capacité fonctionnelle d’un aîné que sa force ou sa masse musculaire.
Les bienfaits de la vitamine D
La vitamine D, synthétisée par l’organisme sous l’action des rayons UV du soleil, aurait plusieurs effets positifs sur le corps. Des travaux menés par le Collège King de Londres avaient montré en effet que cette vitamine offrait une protection contre certaines maladies. Mieux encore: l’étude menée sur plus de 2000 femmes montrait aussi que celles qui ont un haut niveau de vitamine D présentent moins de changements liés à l’âge dans leur ADN. Cette étude anglo-américaine, qui s’était portée sur 2100 vraies jumelles âgée de 19 à 79 ans, avait confirmé que la prise de vitamine D avait un lien avec une meilleure condition génétique pour lutter contre le vieillissement et le stress chronique. La vitamine D devient LA vitamine à ne pas négliger si l’on souhaite vieillir en santé… Où la trouver ? Dans nos pays développés, elle provient essentiellement des produits laitiers (sinon aussi dans les oeufs, les champignons, la levure etc.). L’exposition modérée et régulière aux rayons du soleil produit également de la vitamine D mais cela dépend bien entendu du pays considéré et de son climat.
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Mardi 27 mai 2008
La doyenne des Français, Clémentine Solignac, s’est éteinte tranquillement dans sa chambre, en présence de sa famille, dimanche matin, à l’âge de 113 ans dans sa maison de retraite de Vorey-sur-Arzon (Haute-Loire).
La doyenne des Français nous a quittée depuis sa maison de retraite en Auvergne
Née le 7 septembre 1894 à Eyravazet, tout près de Vorey-sur-Arzon, Mme Solignac était la doyenne des Français depuis septembre 2007. Elle était arrivée dans le foyer pour personnes âgées de Vorey en 2000. Elle, qui disait à propos de son âge avancé que “le bon Dieu l’avait oubliée”, avait vécu seule dans sa maison de Haute-Loire jusqu’à ses 106 ans avant de rejoindre le foyer de Vorey. Petite, elle avait l’habitude de faire 7 km à pied matin et soir, pour aller à l’école communale de cette même localité. En 1921, Clémentine s’était mariée avec Michel Solignac, amputé d’une jambe à la Grande guerre, avec lequel elle devait avoir, à 30 ans, un seul enfant, Judith. Cette dernière est décédée à l’âge de 86 ans le 19 septembre 2007, le jour où Clémentine apprenait qu’elle était la nouvelle doyenne des Français…
Clémentine Solignac a passé toute sa vie à la campagne et une grande partie de sa vie à s’occuper du potager et à travailler aux champs avec son mari. Ensemble ils possédaient 8 hectares de terre, autant de vaches, une paire de boeufs, quelques moutons, des poules, des lapins et des cochons. Après la mort de son mari, en 1961, Clémentine s’était installée dans une petite maison à côté de la ferme de sa fille, à Vorey, où elle a vécu seule pendant près de quarante ans.
Une supercentenaire de 113 ans en maison de retraite
Clémentine Solignac avait traversé 3 siècles, connu 24 présidents de la République, les anciens francs, les nouveaux francs et les euros ; elle était ce que l’on appelle une supercentenaire.
Un supercentenaire est une personne qui a atteint ou dépassé l’âge de 110 ans, âge que seulement un centenaire sur mille atteint ou dépasse (données européennes). Au-delà de cet âge, seul un supercentenaire sur 44 atteint les 115 ans (seulement 22 supercentenaires ont fêté leurs 115 ans, dont la moitié n’a pas dépassé les 115 ans, le quart les 116, le huitième les 117).
Clémentine Solignac est décédée à 113 ans et 186 jours. Ses obsèques devraient avoir lieu mercredi, à Vorey.
Jeanne Calment (21 février 1875 à Arles – 4 août 1997 à Arles) conserve donc le record de longévité puisqu’elle a vécu jusqu’à l’âge de 122 ans et 164 jours.
Le 25 mai 2008, Eugénie Blanchard devient ainsi la nouvelle doyenne des Français (hommes et femmes) à 112 ans.
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Lundi 26 mai 2008
Google vient de lancer Google Health, un service gratuit qui se propose d’archiver et de gérer en ligne les données médicales personnelles. Ce service est pour le moment réservé à nos compatriotes américains, mais pourrait bien débarquer prochainement en France. Explications.
Une plateforme unique pour gérer son dossier médical
Google Health propose différentes fonctionnalités : via un accès sécurisé, l’internaute peut ouvrir un compte personnalisé, entrer son poids, sa taille, ainsi que tous ses paramètres médicaux connus. Le patient crée ainsi un véritable carnet de santé virtuel qu’il est le seul à pouvoir modifier, mais qui permet aux établissements de soins ou aux services médicaux d’obtenir tous les renseignements voulus ou indispensables très rapidement, y compris en cas d’urgence.
Google Health lui permet également de rechercher un médecin (via Google Maps) dont la spécialité correspond aux pathologies indiquées ou d’alerter les patients sur les interactions possibles entre plusieurs médicaments qui lui ont été prescrits. Une encyclopédie médicale impressionnante est également disponible.
Des avantages…
Marissa Mayer, Vice President of Search Product and User Experience chez Google, indiquait fin 2007 dans une entrevue donnée à San Francisco : « Si vous regardez les soins médicaux, il y a déjà un énorme besoin des utilisateurs, qui recherchent sur le moteur Google plus que sur tout autre outil médical en ligne des informations sur la santé…Et les grands groupes de l’industrie médicale génèrent une importante quantité d’information chaque année. Notre nature même chez Google est de comprendre comment organiser toutes ces données. » L’objectif est également de permettre aux médecins de gagner du temps dans la consultation du dossier médical du patient, tant au niveau de l’accès au dossier qu’au niveau de l’exhaustivité de l’information. Au niveau des maisons de retraite, ce système faciliterait grandement l’orientation ciblée vers la bonne institution; souvent, en effet, l’accès puis la transmission du dossier médical et enfin son acceptation ou son rejet par le responsable médical de la maison de retraite est un processus long et fastidieux qui ralentit la prise en charge de la personne âgée.
Et des inconvénients !
Bien entendu, ce type de service soulève de nombreux problèmes en terme de confidentialité de données jugées sensibles, ainsi que tous les risques liés à la perte du contrôle d’information : risque de piratage des serveurs Google, mauvais contrôle des accès, etc. Sans compter que Google n’indique pour l’instant pas comment il compte rentabiliser son service, offert gratuitement aux internautes. Naturellement, la publicité parait être le moyen idéal pour Google, notamment par la vente des données personnelles des patients aux groupes pharmaceutiques.
Selon Marissa Meyer, vice-présidente de la division des produits de recherche de Google, les systèmes de protection les plus perfectionnés ont été mis en place autour de Google Health afin d’assurer la protection et le caractère confidentiel des données. Google se défend de toute intention marketing liée à son nouveau service et assure qu’il ne les utilisera pas pour actionner son propre dispositif de publicité ciblée, avec une précision de taille, toutefois : « sauf si la publicité présente un intérêt pour le patient, le groupe pouvant alors revoir sa stratégie »…
Le débat sur la vie privée et la confidentialité des données n’en fini pas entre l’Union Européenne d’un coté, et le moteur de recherche Californien de l’autre. Réunis dans le cadre du G29, les principaux représentants des pays européens ont insisté sur la nécessité de ne pas conserver les données informatiques des internautes plus de 6 mois, dans un rapport daté du vendredi 4 avril. Actuellement, Google les conserve 18 mois et n’est pas prêt pour le moment à diminuer ce temps de stockage. Le débat est lancé ; affaire à suivre !
Pour tester Google Health, c’est par ici.
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