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Archive pour avril 2008

Trouver l’âme soeur en maison de retraite

Lundi 21 avril 2008

Après les établissements scolaires et le lieu de travail, la maison de retraite pourrait bien devenir un lieu de rencontre privilégié. Alors, si vous n’avez toujours pas trouvé votre âme soeur, ne désespérez pas ; il vous reste encore peut-être un amour de vieillesse…

La maison de retraite ou l’amour au pays des vermeils
ame-soeur.jpgRenée et Lucien se sont rencontrés dans une maison de retraite de Châtillon-sur-Seine ; après quelques mois de fréquentation au sein même de l’établissement, ils ont choisit d’officialiser leur amour par des fiançailles et un mariage. Cette belle histoire n’est pas marginale ; les couples se forment en maison de retraite. Solitude, proximité et besoin de partager sont des facteurs propices à la rencontre et aux sentiments, sans compter que la majorité des personnes âgées sont veuves ou célibataires. Tendresse, complicité et communication viennent alors transformer un quotidien parfois morose, et c’est à nouveau un cœur qui bat et des sentiments qui s’animent.

L’amour en maison de retraite : le parcours du combattant
Ce sont de belles histoires qui pourtant, se heurtent à de nombreuses difficultés. Tout d’abord, les amoureux doivent faire face aux réticences du personnel soignant. Ensuite, ils sont confrontés à des problèmes d’intimité dus à la vie en collectivité et à la médicalisation des soins : les soignants ne frappent pas toujours avant d’entrer, ou alors, ils frappent, puis rentrent directement ; ils ont également tendance à laisser les portes grandes ouvertes, pour s’assurer que tout va bien lorsqu’ils passent dans le couloir ; sans compter que, pour des questions de sécurité, les personnes âgées ne peuvent pas fermer leur porte à clef… Mais c’est encore l’opposition des familles qui est la plus violente ; tabou de l’âge, réflexes de surprotection, difficulté à accepter le nouveau partenaire en remplacement du parent défunt, inquiétudes au niveau de l’héritage… Il est même arrivé que des familles portent plainte contre les institutions pour avoir laissé des relations se nouer. Résultat : certaines institutions sont devenues très méfiantes. Enfin, la situation devient encore plus délicate lorsque l’histoire d’amour implique une ou deux personnes atteintes d’une maladie altérant ses capacités cognitives, type Alzheimer ; il s’agit alors de s’assurer du libre consentement des personnes impliquées…

Le droit d’aimer en maison de retraite
Finalement, la question sur toutes les lèvres est celle du droit d’aimer en maison de retraite. Le droit de nouer des relations en maison de retraite n’a pas encore été légiféré et ne fait pas partie de la Charte des droits et libertés de la personne accueillie. Pourtant, cette zone de flou génère bon nombre de difficultés, de gênes et de tabous. Tous s’accordent pour affirmer le droit d’aimer en maison de retraite, et Christian Möller, président de la Conférence nationale des directeurs d’EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) affirme même que « la maladie n’empêche pas d’avoir droit à une vie affective». Et Claudy Jarry, président de la Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées (Fnadepa), de surenchérir : «Le problème est que les familles ont tendance à trop couver ces personnes… Combien de fois m’a-t-on dit : “Maman ne serait jamais allée avec ce monsieur si elle avait toute sa tête…” ». Bref, il reste encore de nombreux progrès à faire pour lutter contre les tabous, les a priori et accorder enfin à nos aînés le droit de s’aimer.

La sécurité routière des seniors au volant

Jeudi 17 avril 2008

La population de conducteurs seniors est en pleine croissance, et l’on prévoit qu’elle représentera 25% d’ici à 25 ans. Identifiée comme une population à risque, les réponses apportées par les gouvernements varient d’un pays à l’autre. Petit tour d’horizon de la question.

senior-au-volant.jpgUne vulnérabilité des seniors plus importante
Certes, les personnes âgées de plus de 65 ans représentent une population plus à risque au niveau de la sécurité routière. En effet, avec l’âge, les capacités de perception, d’attention visuelle et auditive, ainsi que la coordination des mouvements et les réflexes diminuent… sans parler des effets indésirables provoqués par certains traitements médicamenteux. Ces facteurs de santé prédisposent ainsi les personnes âgées à avoir des collisions plus souvent ; de plus, ces conducteurs ont moins de chances de survivre aux collisions en raison de leur fragilité physique.
Pourtant, les seniors sont très demandeurs puisque la voiture représente bien plus qu’un moyen de locomotion ; elle constitue véritablement un enjeu dans leur mobilité et un facteur de liberté, tant au niveau social que psychologique.

La 2ème population la plus touchée
Partout dans le monde, les résultats sont sans appel ; la catégorie des personnes âgées de 65 ans ou plus connaît la deuxième plus grande proportion de décès sur la route -tout juste après celle des 15 à 24 ans, et les conducteurs de 80 ans ou plus présentent un risque encore plus grand ; leur taux de mortalité est de 1,5 fois celui des adolescents. A quelques différences près, les chiffres se ressemblent, mais pas les réponses …

Des réponses diverses et variées
Alors qu’en France, aucun contrôle médical n’est obligatoire, nos voisins rivalisent en originalité quant aux mesures à adopter. Au Canada, par exemple, une des solutions plébiscitée est de faire suivre un cours aux conducteurs âgés pour leur permettre de conserver leurs privilèges de conduite à partir de 70 ans. Une autre initiative serait de limiter dans un rayon de 25 km de leur domicile les personnes âgées ayant de la difficulté à conduire…
Changement de continent, changement de perspective… Au Japon, la police de Tokyo a choisi d’offrir des bons de réduction dans des pizzerias et d’autres rabais aux seniors qui accepteront de rendre leur permis de conduire, afin de lutter contre l’insécurité routière. Séances de chiropracteur à prix cassés, réductions à l’entrée des parcs et plats supplémentaires à la pizzeria seront offerts à ceux qui ne prendront plus le volant. Des cadeaux seront aussi envoyés à leur domicile par des grands magasins et un taux d’intérêt plus intéressant leur sera accordé pour leurs comptes épargne par une banque de la place de Tokyo !
Enfin, une des pistes de solution pourrait être dirigée vers les fabricants d’automobiles qui, pour répondre aux besoins de mobilité d’une population vieillissante, pourraient mettre l’accent sur les aspects ergonomiques, la lisibilité des compteurs et du panneau de commande, la visibilité pour le conducteur… Et pourquoi pas une conduite assistée par ordinateur ?

Les pilules alimentaires ou la révolution dans votre assiette

Mercredi 16 avril 2008

L’Agence de Recherche de la Défense Américaine (DARPA) estime que d’ici 2014, des chercheurs seraient capables de mettre au point des pilules capables de nourrir l’humain pour des jours, voire des semaines ! Zoom sur cette avancée scientifique qui pourrait bien transformer la problématique de nutrition chez les personnes âgées.

La nutrition, au coeur du vieillissement réussi
La malnutrition et la dénutrition sont l’une des premières causes de mortalité chez les seniors. De nombreuses études scientifiques tentent d’ailleurs régulièrement de prouver l’influence de certaines substances alimentaires sur le vieillissement. Par exemple, selon une récente étude autrichienne parue dans le Journal Européen de la Nutrition Clinique, la consommation de trois tasses de café par jour retarderait le déclin cognitif chez les hommes âgés. Alors que certains préconisent un régime alimentaire restreint, d’autres, comme Hélène Payette, professeur en nutrition à l’Université de Sherbrooke, affirment que quelques kilos en trop sont bénéfiques pour les personnes âgées. Bref, les exemples ne manquent pas, et il n’est pas toujours facile de faire le tri pour s’alimenter de façon adéquate.

Les pilules alimentaires : une solution nutritionnelle efficace
pilules-alimentaires.jpgAussi, de nombreux chercheurs travaillent sur l’amélioration des repas, notamment dans le domaine militaire et astronautique. A ce jour, la lyophilisation est une méthode de conservation des aliments qui a recours à un procédé de déshydratation par le froid. Elle permet de réduire au tiers du poids et du volume les repas normaux, tout en conservant le capital nutritif et calorique. C’est dans cette mouvance que s’inscrivent les pilules alimentaires, qui permettraient de franchir une étape supplémentaire dans la recherche nutritionnelle. Disponibles théoriquement à ce jour, leur aspect pratique doit cependant être encore amélioré dans la mesure où il faudrait ingurgiter des centaines de pilules par jour afin de maintenir un apport quotidien de 2000 calories. Mais ce n’est qu’un détail ; nous devrions être capables de résoudre cette difficulté d’ici à quelques années. Et le jeu en vaut la chandelle. En effet, les pilules alimentaires représentent un enjeu de taille dans certains secteurs, notamment dans la santé de nos aînés : elles permettraient aux personnes handicapées ou en perte d’autonomie de s’alimenter sans être dépendantes de quiconque.

Le cri du cœur des hédonistes
Mais les pilules alimentaires ne font pas l’unanimité ! Dans notre article du 28 mars, nous avions insisté sur l’aspect plaisir de la nourriture. Robert Henkin, directeur du centre The Taste and Smell Clinic sur la nutrition moléculaire et les désordres sensoriels, pose d’ailleurs une mise en garde à l’utilisation de ces pilules,  qui créeraient une véritable anorexie des sens. Outre le facteur plaisir, manger devient un acte social et un acte d’échange, et joue un rôle capital dans l’équilibre psychologique et la joie de vivre de la personne. Des considérations à prendre en compte dans l’utilisation de ces pilules, qui, même si elles constitueraient une avancée incontestable dans la santé des personnes âgées, pourraient bien conduire à une déprime généralisée…

Débat : pour ou contre les animaux de compagnie en maison de retraite

Lundi 14 avril 2008

Selon une enquête FACCO/TNS Sofres 2006, plus d’un foyer français sur deux possède au moins un animal familier en 2006. Dans un contexte de vieillissement croissant de la population, il semble intéressant de s’interroger sur le statut des animaux de compagnie en maison de retraite… Pour ou contre, le débat est lancé !

Les vertus thérapeutiques des animaux de compagnie en maison de retraite
animauxenmaison.jpgLa visite le 28 mars dernier de Michel Barnier, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche, à la Maison de retraite de l’Abbaye à Saint Maur des Fossés, dans le cadre des rencontres « Animal et Société », relance le débat sur les animaux de compagnie en maison de retraite. Dans notre article du 23 février 2007, nous avions déjà évoqué les vertus thérapeutiques de ces compagnons : diminution du sentiment de rupture lors du « déménagement » en maison de retraite, outil de communication entre résidents, amélioration de la santé physique, mentale et émotionnelle de la personne âgée…Bref, les médecins ont même préconisé leur introduction dans les maisons de retraite médicalisées, ayant pour conséquence une acceptation des petits animaux de compagnie (chiens, chats, oiseaux, poissons) dans 40 à 50% des établissements.

Les difficultés de gestion des animaux de compagnie en maison de retraite
Mais au-delà des effets thérapeutiques, la présence d’animaux de compagnie au sein des maisons de retraite pose toutefois un certain nombre de difficultés : tout d’abord, en matière d’hygiène et de sécurité ; de surcroît, au niveau de la surcharge de travail écopée par les équipes paramédicales des maisons de retraite ; enfin, la capacité de la personne âgée à s’occuper de son animal, dépendamment de l’évolution de son invalidité, de sa dépendance et/ou de sa maladie (Alzheimer, Parkinson,…). Il en résulte que l’animal de compagnie n’est pas toujours désiré en maison de retraite, et certaines lui en interdisent même l’accès.

Les maisons de retraite adoptent des solutions médianes
Aussi, un certain nombre de maisons de retraite rivalisent en créativité et choisissent d’adopter des solutions médianes. Par exemple, certaines mettent à la disposition de leurs résidents une mascotte, bénéficiant ainsi des vertus thérapeutiques de l’animal sans en subir toutes les contraintes. Le pitbull Ruby, par exemple, est attendue avec impatience toutes les deux semaines dans une maison de retraite américaine, à Bayport (Minnesota, nord des Etats-Unis). D’autres encore, choisissent d’investir dans la technologie des animaux-robots afin de combattre la solitude des personnes âgées. Véritables compagnons du futur, ces robots-animaux permettent de jouer un rôle essentiel dans le bien-être physique, mental et émotionnel de la personne âgée, tout en contournant la difficulté de s’occuper d’un vrai animal lorsque le résident est dépendant, invalide ou dans l’incapacité de le gérer. En tout cas, Michel Barnier a été clair : il souhaite promouvoir et développer l’accueil des animaux de compagnie en maison de retraite, via notamment la rédaction d’un guide pour aider les directeurs réticents ou inquiets d’accueillir des animaux. A quand la maison de retraite pour chiens, comme c’est déjà le cas au Japon où pour 650 euros par mois, une maison de retraite accueille les chiens âgés que leurs propriétaires ne peuvent plus garder chez eux…

Mamie Mémoire ou la maladie d’Alzheimer vue par une adolescente

Vendredi 11 avril 2008

Adapté du roman d’Hervé Jaouen, Mamie Mémoire est une pièce de théâtre sur le thème de la maladie d’Alzheimer, jouée par la troupe du Théâtre des Chimères de Biarritz. En tournée dans toute la France, la prochaine représentation aura lieu le 11 avril à Pau et du 13 au 19 mai à Poitiers. Reportage sur cette pièce de théâtre d’un genre particulier…

mamie_memoire5.jpgmamie_memoire4.jpgmamie_memoire3.jpg

Une histoire belle et émouvante autour de la maladie d’Alzheimer 
Véronique est une jeune fille de 13 ans sans histoire. Un père professeur de philosophie et une mère traductrice. Elle aime les vacances, le téléphone, les garçons. Elle se dispute souvent avec son frère. Le seul problème dans sa vie, sa grand-mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer. Sa mamie emménage chez elle et la vie de toute la famille bascule…
Depuis quelque temps, mamie a des distractions, elle perd de menus objets, et elle a un comportement parfois surprenant. Le médecin est formel : il s’agit de la maladie d’Alzheimer. La mémoire de Mamie est comme les feuilles d’un arbre, elle s’éparpille de saison en saison, se perd. Alors la famille tout entière entre dans le jeu. Il faut stimuler la mémoire de mamie, l’aider à en rassembler les fragments, à se souvenir des visages, des lettres d’amour et des gestes de tous les jours…
Quand Véronique découvre une malle avec tous les souvenirs de sa grand-mère, elle décide d’être la mémoire de la vieille dame. « Alors, voilà ce que je me suis jurée à moi même : Véro, tu seras la mémoire de mamie, jusqu’ à ce que tu deviennes vieille et qu’à ton tour tu la perde, la mémoire ».

Une mise en scène originale
mamie_memoire21.jpgMamie Mémoire est tout d’abord un livre du breton Hervé Jaouen publié la 1ère fois en 1999 chez Gallimard et qui a reçu le Prix Chronos en 2000 puis le Prix des Incorruptibles en 2001.
Dans son adaptation au théâtre, l’histoire prend un tour amusant, léger et drôle. Les acteurs bâtiront sous vos yeux les petits décors provisoires qui posent l’imaginaire des histoires qu’ils s’amusent à représenter. La relation à l’image est aussi centrale dans le spectacle : scanner du cerveau dont on perçoit les images colorées sur les écrans médicaux, miroirs qui reflètent le visage perdu de la grand-mère qui ne se reconnaît pas ou celui ému de Véro qui se découvre avançant dans la vie…
Mamie mémoire est définitivement une chronique familiale, chaleureuse et pudique, un sujet poignant abordé avec humour et tendresse. A voir absolument !

Tournée
- Théâtre Saint-Louis à Pau le vendredi 11 avril à 21h – Réservations au 05 59 30 90 30 – Tarifs : 13 € sur réservation, 10 € pour les groupes de plus de 10 personnes, les étudiants et les chômeurs, 15 € sur place.
- Poitiers du 13 au 19 mai 2008