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Archive pour avril 2008

Le lundi de Pentecôte redevient férié

Mercredi 30 avril 2008

jourferie.jpgInstitué par le gouvernement Raffarin après la canicule de 2003 qui avait fait 15.000 morts en France, le jour de solidarité, fixé au lundi de Pentecôte, génère depuis quelques années beaucoup d’exaspérations… Chômé ou travaillé, mais dans tous les cas non rémunéré… Le jour de solidarité vient de subir de toutes nouvelles modalités. Explications.

Zoom sur le cadre législatif
Le jour de solidarité a été créé par la loi du 30 juin 2004 relative à la solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et handicapées. Cette loi institue dans chaque département un dispositif de veille et d’alerte permettant l’intervention des services sanitaires et sociaux sur la base des informations recueillies par les communes auprès des personnes âgées et des personnes handicapées, dans les cas de risque exceptionnel, climatique ou autre.
La journée de solidarité correspond ainsi à une journée travaillée et non rémunérée donnant lieu au paiement par les entreprises d’une contribution correspondant aux salaires non versés. Cette journée a notamment pour mission d’assurer le financement de nouvelles actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées ou handicapées.

Une réussite malgré des difficultés d’application
En 2007, la journée de solidarité a rapporté 2,1 milliards d’euros pour le financement de la dépendance des personnes âgées ou handicapées ; une somme reversée à la Caisse nationale de solidarité et intégralement utilisée pour financer des actions en leur faveur, selon un bilan de la Cour des comptes et un rapport présenté en décembre dernier par Éric Besson, secrétaire d’État à la Prospective.
Malgré cette «réussite», la mise en œuvre anarchique du projet avait exaspéré les Français dès 2005. L’absence d’accueil en crèche et à l’école pour les 4,5 millions d’enfants avait notamment courroucé les parents obligés de rejoindre leurs bureaux le lundi de la Pentecôte. Les transporteurs routiers, interdits de circulation pour les camions de plus de 7,5 tonnes mais contraints de travailler, avaient aussi dénoncé les incohérences de cette situation.

Le lundi de Pentecôte à nouveau chômé
C’est dans ce contexte que le texte de loi a été réexaminé en mars dernier. Ce texte prévoit notamment d’assouplir les modalités d’application de la journée de solidarité et rétablit le caractère férié du lundi de Pentecôte. La loi prévoit également de «donner une entière liberté aux partenaires sociaux, au sein de l’entreprise ou à défaut au sein de la branche, pour fixer les modalités d’accomplissement de la journée de solidarité les plus adaptées aux besoins de l’entreprise». Ce jour travaillé et non rémunéré devrait donc dès cette année être transformé en temps de travail supplémentaire choisi à la carte, sous la forme d’une journée de RTT ou même de sept heures réparties dans l’année.
Cette année, les français vont pouvoir profiter d’un long « pont » de 5 jours associant le lundi de Pentecôte, tombant le 12 mai, avec le jeudi du 8 mai. Hip, hip, hip !…

La stimulation électrique au secours de Parkinson

Mardi 29 avril 2008

simulation-cerebrale.jpgDepuis quelques années, la stimulation électrique a révolutionné le domaine médical dans le traitement de la maladie de Parkinson. Les récentes avancées scientifiques, notamment la réalisation d’une carte du cerveau en 3 dimensions, ont permis d’améliorer la précision de cette technique qui pourrait bien devenir LE traitement privilégié dans la maladie de Parkinson. Explications.

Des résultats spéctaculaires
La maladie de Parkinson est causée par la mort progressive de neurones du cerveau qui produisent de la dopamine, une substance chimique qui contrôle les mouvements. Ainsi, les symptômes de la maladie sont tremblements, perte d’équilibre et difficulté à effectuer des gestes simples. Jusqu’à maintenant, ils étaient surtout traités par médicaments. Depuis 1993, la stimulation cérébrale profonde, domaine dans lequel les Français sont des leaders mondiaux, est utilisée comme traitement contre la majorité des symptômes de la maladie de Parkinson. Grâce à cette nouvelle chirurgie, on note une amélioration significative des tremblements, de la rigidité et des troubles du mouvement. Environ 30 000 patients ont déjà bénéficié de ce traitement, d’abord à Grenoble où la technique a été mise au point, puis dans d’autres villes françaises, européennes et nord-américaines. Aujourd’hui, 18 centres sont habilités à opérer selon cette technique en France, et entre 350 et 450 personnes en bénéficient chaque année dans l’Hexagone.

Le principe : des électrodes dans le cerveau
L’opération consiste à introduire une électrode dans chacun des hémisphères du cerveau, qui est reliée à un neurostimulateur implanté sous la peau, au-dessous de la clavicule. Ce pacemaker déclenche de petits chocs électriques qui permettent aux électrodes de stimuler une zone bien précise du cerveau. La chirurgie prend une journée complète ; le patient, sous anesthésie locale, doit être conscient pendant l’opération puisque les chirurgiens ont besoin de sa collaboration. La première étape consiste d’abord, à l’aide d’un appareil d’imagerie fixé sur la tête du patient, à repérer l’endroit exact où doivent être installées les électrodes. Les coordonnées retransmises doivent être d’une précision absolue. Une fois les électrodes implantées, il reste à insérer le neurostimulateur dans le haut de la poitrine et à en ajuster les paramètres. Des ajustements doivent d’ail¬leurs être faits régulièrement après l’opération, puisque chaque personne réagit différemment à la stimulation.

Une technique récemment améliorée
Mais cette technique présentait un certain nombre de limites : lourdeur de l’opération, coût élevé (environ 30.000 euros) et un effet secondaire gênant, à savoir le développement de comportements impulsifs pouvant conduire, par exemple, au jeu pathologique. Michael Frank, chercheur en psychologie de l’Université d’Arizona Arizona, et ses collègues ont montré comment la stimulation cérébrale profonde interfère avec la capacité innée du cerveau de délibérer sur des décisions complexes. En effet, cette stimulation affecte une région du cerveau appelée noyau sous-thalamique (ou subthalamique) qui intervient dans la motricité mais qui module aussi les prises de décision.
Cette difficulté pourrait bien être levée depuis certaines découvertes récentes. En effet, la Fédération pour la recherche sur le cerveau (FRC) a financé les travaux d’une équipe de l’Inserm, laquelle a réussi à réaliser une carte du cerveau en trois dimensions, permettant de reconstituer la structure tridimensionnelle des noyaux cérébraux situés en profondeur. Désormais, il est possible de zoomer et d’atteindre une extrême précision pour l’implantation des électrodes», explique le Dr Étienne Hirsch, président de la fédération. “Cela permet d’implanter les électrodes exactement où il faut, et donc d’éviter les effets secondaires”.
Affaire à suivre…

Ri-Man : un robot pour le 3ème âge

Lundi 28 avril 2008

Dans notre précédent article du 3 avril sur les personnes âgées au Pays du Soleil Levant, nous évoquions le vieillissement spectaculaire de la population nippone. Face à ce défi démographique, le gouvernement a choisi d’investir sur la robotique et la gérontechnologie pour venir en aide aux personnes âgées et aux malades, voire même pour remplacer, dans certains cas, un personnel de soins en nombre insuffisant. Explications.

Des machines à la place des hommes
Selon le Think Tank Machine Industry Memorial Foundation, qui publie une étude sur le sujet, les androïdes pourraient effectuer le travail de près de 3,5 millions de Japonais d’ici 2025 ; plus de 26 milliards de dollars pourraient ainsi être économisés sur les dépenses consacrées aux seniors, si des robots prenaient en charge les soins qui leur sont destinés. Selon le Think Tank, ce déploiement de robots devrait également donner au pays la possibilité de s’en sortir sans faire massivement appel à une immigration à laquelle il n’est pas habitué. Dans certains secteurs dépassés par la demande, comme celui de l’assistance aux personnes, il permettrait également d’assurer un grand nombre de services sans recourir à des travailleurs humains.
Non, vous n’êtes pas dans un film de science fiction… mais au Japon, où les prototypes robotisés se multiplient, conséquences de la politique et de des subventions du gouvernement. Des chercheurs nippons ont ainsi présenté récemment un robot ouvrier très endurant et capable de travailler par tous les temps. Le robot El-E, quant à lui, ramène à son utilisateur les objets que celui-ci pointe avec un rayon laser ; un outil idéal pour les personnes handicapées ou vieillissantes.

Ri-Man : l’aide soignant des temps modernes
robot-riman.jpgEnfin, les scientifiques nippons du centre de contrôle de recherche Bio-Mimetic (BMC) au Riken de Nagoya, viennent d’annoncer le lancement d’un robot prototype destiné à venir en aide, à terme, aux personnes âgées.
Le robot Ri-Man, pour Robot Interacting with Human, est un robot à roulettes qui pèse une centaine de kilos et mesure presque 1,60 mètre ; il peut voir, entendre et sentir des odeurs. Pour le moment, il est capable de porter une poupée de douze kilos, mais à terme, d’ici à cinq ans, il devrait pouvoir soulever une personne de soixante-dix kilos.
Pour que son contact avec les êtres humains soit plus agréable, le Ri-Man a été recouvert d’une couche de silicone de cinq millimètres d’épaisseur ; il est aussi équipé de capteurs qui lui permettent d’appréhender le poids et la position d’un corps ; enfin, il possède des micros pour analyser la provenance des sons, des capteurs olfactifs capables de reconnaître huit odeurs différentes et peut « voir » les mouvements d’un visage humain. « Nous souhaitons, par ailleurs, mettre au point un dispositif qui permettrait au robot de juger de l’état de santé d’un patient, rien qu’en étudiant sa respiration » ajoute l’ingénieur nippon.
Plutôt effrayant, non ?

Pour en savoir plus
Démonstration visuelle du Robot Ri-Man

RdV au 3ème Festival VisAges du 7 au 10 mai 2008 en Suisse

Vendredi 25 avril 2008

Le 3ème Festival VisAges se tiendra à la médiathèque Valais Martigny, en Suisse. Organisé par Pro Senectute Suisse et parrainé par Benoît Aymon, journaliste à la TSR, le Festival regroupera une quarantaine de films (courts et longs métrages, documentaires et fictions) ayant pour thème principal « une histoire reliant plusieurs générations entre elles ».

festival_visages_2008.jpgRegards croisés entre générations
Le festival VisAges propose de découvrir des films qui racontent une histoire reliant plusieurs générations entre elles, ou reflétant un portrait, le parcours de vie d’une personne. Il ouvre d’autres regards sur les rapports de générations et sur les rapports à la vieillesse. Aussi, les films sélectionnés traitent des transitions et des grandes étapes de vie.

Programme du Festival 2008
Les après-midi de jeudi et vendredi 8 et 9 mai, inviteront à entrer dans deux thématique de films : portraits et relations entre générations. Chaque jour à 18h00, du mercredi au samedi, un réalisateur ou une réalisatrice présentera l’un de ses films, suivi d’une discussion avec les personnes présentes. Enfin, deux grands documentaires « portraits » sont à l’affiche :
« Paul dans sa vie » de Rémi Mauger, relate la vie d’un homme de 75 ans en milieu rural, vivant au cap de la Hague, dans la plus grande simplicité avec un rapport au quotidien marqué par le rythme de la nature, donnant l’impression que le temps s’est arrêté…
« Touch the Sound » de Thomas Riedelsheimer, fait plonger dans un tout autre monde, l’univers musical de la percussionniste Ecossaise Evelyn Glennie, au parcours de vie porté par les sons. Malgré sa surdité, elle a suivi dès l’enfance des cours de percussion, créant son propre alphabet par une codification de sons en fonction des vibrations produites qu’elle entend par son corps. Une histoire qui n’est pas ans rappeler celle de Beethoven…

Un Festival qui vaut le voyage… A voir absolument !

Pour en savoir plus
Programme détaillé

Le Baluchon Alzheimer au secours des aidants à domicile

Mercredi 23 avril 2008

Initiative canadienne originale, l’association Baluchon Alzheimer est un organisme ayant pour objectif d’aider les personnes en charge de la malade Alzheimer. Explications.

Objectif : soulager et aider les aidants
Garder son proche atteint de la maladie d’Alzheimer à domicile n’est pas chose facile. Divers services de répit, comme les centres de jour ou encore, le gardiennage de quelques heures, existent déjà depuis plusieurs années. Cependant, lorsque les aidants ressentent le besoin d’un repos physique et psychologique de quelques jours, le seul service qui leur soit offert est celui de l’hébergement temporaire, fourni majoritairement par les Centres hospitaliers de soins de longue durée. Plusieurs familles hésitent à faire appel à ce type de service, en raison de la difficulté de leur proche à s’adapter à la fois à un nouvel environnement physique et à de nombreux soignants. En conséquence, les aidants se retrouvent très souvent en détresse, emmurés dans leur solitude.

Baluchon Alzheimer, un principe simple
baluchon.jpgC’est pour répondre à ce besoin que Marie Gendron, Docteur en gérontologie, créée en 1999 au Québec l’association Baluchon Alzheimer. Fondation à but non lucratif, Baluchon Alzheimer propose des services de prise en charge complète du malade à son domicile, afin de permettre à l’aidant de partir une ou deux semaines en vacances sans avoir à transférer son proche dans un autre milieu que son domicile ; la fondation permet également de soutenir les aidants dans l’accompagnement de leur proche en leur proposant des stratégies d’intervention adaptées à leur propre situation et en leur fournissant une évaluation des capacités cognitives et de l’autonomie fonctionnelle de leur proche.
Le principe est simple : la famille communique des données sur les habitudes quotidiennes et les grandes étapes de la vie du malade, ainsi qu’une liste des situations difficilement vécues par l’entourage. Et le jour dit, la « baluchonneuse » arrive avec son sac de couchage (une pré-visite est effectuée si la distance le permet). Elle passe 24 heures avec l’accompagnant avant le départ de celui-ci. Durant le séjour, la « baluchonneuse » procède à une évaluation des capacités cognitives du malade et rédige un journal d’accompagnement retraçant les principaux événements de chaque journée.

Une initiative qui porte ses fruits…
Aujourd’hui, cette association jouit d’une renommée non négligeable au Canada. Son concept commence à intéresser l’Europe – la France et la Belgique en tête. D’ailleurs, grâce à la formidable initiative du Baron Évence Coppée, la Belgique a obtenu une franchise pour créer en 2003 un Baluchon Alzheimer dont le parrain est le chanteur et poète Julos Beaucarne. Cette initiative rencontre un véritable succès, et c’est avec impatience que l’on attend l’émergence d’une opération similaire en France. A bon entendeur…

Pour en savoir plus
www.baluchonalzheimer.com
www.baluchon-alzheimer.be