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Archive pour février 2008

Où en est-on de la recherche sur la maladie d’Alzheimer ?

Vendredi 29 février 2008

Le Plan Alzheimer prévoit de débloquer 200 millions d’euros sur 5 ans afin de développer la recherche sur le dépistage et le traitement de la maladie. Actuellement incurable, la maladie d’Alzheimer n’est pas non plus décelée suffisamment à temps pour freiner efficacement son développement. Pourtant, les progrès sont nombreux. Etat des lieux.

Vers des tests de dépistage précoce

Etablir un diagnostic précoce permettrait d’agir au plus tôt sur les mécanismes qui favorisent les lésions cérébrales. Même si la cause de la maladie n’est pas encore connue, son dépistage permettrait de mettre au point de nouvelles pistes thérapeutiques. La mise au point d’un test de diagnostic précoce, avant le stade de la démence, constitue par conséquent le principal enjeu de la recherche au cours des prochaines années.

Les causes de la maladie d’Alzheimer
La maladie se caractérise par deux types principaux de lésions du cerveau: la présence de plaques liée à la production anormale d’un peptide, la béta-amyloïde, ainsi qu’une dégénérescence neuronale due à l’accumulation d’une protéine (la protéine Tau), à l’intérieur des neurones. On comprend mieux les mécanismes biologiques de la maladie, et l’on identifie d’ores et déjà certain marqueurs de celle-ci. Des efforts doivent cependant encore être réalisés afin de trouver ceux qui pourront être repérés par une simple analyse de sang.

Des chercheurs français à la pointe de la recherche

Les scientifiques français sont à la pointe de la recherche actuelle sur Alzheimer. Ainsi, le professeur Bruno Dubois, de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, a identifié de nouveaux critères qui permettraient de déceler la maladie trois ans plus tôt qu’actuellement. Il s’agit de combiner des tests de mémoire avec des données d’imagerie cérébrale (IRM), et des marqueurs biologiques associés à la maladie présents dans le cerveau.

La recherche génétique mise à contribution

Des scientifiques de l’université de Toronto, au Canada, ont démontré l’implication du gène SORL1 dans le déclenchement de l’Alzheimer. Leur étude a porté sur l’ADN de plus de 6000 personnes. Ils ont découvert que les personnes porteuses de certaines variantes du gène SORL1 ont un risque légèrement plus élevé de contracter la maladie d’Alzheimer dans sa forme la plus commune, qui se déclenche après 65 ans.

Les domaines de recherche les plus prometteurs

Selon un récent rapport de l’Inserm, les principaux espoirs de percée dans la connaissance scientifique de la maladie d’Alzheimer sont les suivant :
- L’immunothérapie : il faudrait réussir à utiliser des anticorps pour réduire les dépôts amyloïdes dans le cerveau ;
- l’inhibition des enzymes responsables de la formation du peptide béta-amyloïde ;
- le blocage de l’agrégation de ce peptide ;
- le blocage de l’agrégation des protéines Tau.
D’autres pistes sont explorées, notamment la thérapie génique, mais aussi l’utilisation d’ anti-inflammatoires non stéroïdiens ou d’oestrogènes, mais en ces domaines les recherches ne sont pas encore aussi avancées.

Prescrire du chocolat en maison de retraite

Jeudi 28 février 2008

La dépression nerveuse touche plus de la moitié des personnes âgées résidentes en maison de retraite. Alors que la polémique sur l’efficacité du Prozac et des autres médicaments antidépresseurs de même type, une étude très sérieuse prouve l’effet bénéfique du chocolat. Alors, à quand le carré 100% cacao au menu quotidien de nos aînés ?

Une étude sur les effets du chocolat menée dans deux maisons de retraite
Un gérontologue des Yvelines, le docteur Golman, a mené une très sérieuse étude auprès de 200 personnes âgées, résidentes dans deux grosses maisons de retraite de ce département. Il s’agissait de démontrer scientifiquement les propriétés euphorisantes –ou non- du chocolat auprès des personnes âgées, et de déterminer les seuils quotidiens nécessaires pour ressentir les bienfaits du chocolat.

Les effets néfastes des anti-dépresseurs

La dépression nerveuse touche 50 à 70 % des résidents des maisons de retraite. Or les effets anti-dépresseurs ne sont pas exempts d’effets secondaires qui, chez les personnes âgées peuvent, au-delà de certaines doses, s’avérer fort problématiques. Les antidépresseurs provoquent une baisse de la vigilance, laquelle peut être cause de chutes, avec risques de fractures, sans compter les effets cardiovasculaires et l’altération de la fonction rénale qu’ils peuvent entraîner.

Du chocolat matin et soir pour les résidents des maisons de retraite testées

L’étude s’est déroulée en trois temps. Un test, le “Mini Geriatric Depression Scale”, a d’abord permis d’identifier l’existence et le degré de l’état dépressif des résidents. Puis les personnes âgées ont été soumises à un régime chocolaté d’un mois, à raison d’un carré de chocolat noir midi et soir, à l’issue duquel une nouvelle évaluation de leur état psychique a été réalisée, à partir du même test. Les conclusions de l’étude indiquent que le chocolat noir, outre ses propriétés cardio-vasculaires, constitue bien un traitement efficace de la dépression chez près d’un quart des personnes âgées. L’étude montre de plus que la dépendance au chocolat révèle ses effets positifs dans le traitement des troubles de l’humeur. En effet, un an après le régime interrompu, tous les patients ont repassé le test initial, indiquant un retour à un état dépressif pour tous les patients diagnostiqués comme tels au premier test.

Une piste thérapeutique à creuser… et à déguster !
Le potentiel thérapeutique du chocolat reste encore à explorer. Avant de traiter les personnes dépressives en leur faisant manger du chocolat, il convient de déterminer les doses et leur efficacité. Le caractère euphorisant du chocolat est à présent prouvé à 15 grammes par jour, mais qu’en est-il à 30 grammes quotidiens ? Soigner par le chocolat la dépression chez les personnes âgées est une approche médicale originale, et très sérieuse, mais son effet est-il réservé à cette classe d’âge ? Autant de questions et de pistes thérapeutique à creuser… Et à consommer sans modération !
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Sources : Golman, Salomé, Clerc et Benatar in « La revue francophone de gériatrie et de gérontologie » n° 133 – mars 2007

Contrôles privés en maison de retraite : les réactions

Mercredi 27 février 2008

Notre précédent billet sur les contrôles renforcés de maisons de retraite en Alpes-Maritimes a provoqué une vague de réactions. L’initiative du département, qui nous semblait louable, suscite l’ire du syndicat des inspecteurs de l’action sanitaire et sociale. Et pour cause, ces derniers voient d’un œil inquiet l’apparition de contrôleurs privés des maisons de retraite. Explications.

Des contrôles pour  prévenir la maltraitance en maison de retraite

Le département des Alpes-Maritimes compte 12 000 personnes âgées hébergées dans 230 maisons de retraite. Pour pallier l’insuffisance des moyens mis en œuvre par la DDASS, le département a décidé de faire appel à un prestataire de service privé, Gerontoclef, afin de pouvoir doubler le nombre de contrôles annuels effectués dans les maisons de retraite du département. Rappelons qu’à l’issue de chaque contrôle, il est prévu de transmettre un rapport à une cellule de coordination. Cette dernière, qui sera seule responsable de donner suite ou non, est composée de représentants d’institutions publiques : le Conseil général, la DDASS, l’Assurance-Maladie, la direction départementale de la concurrence et des fraudes, la direction départementale du travail, les services vétérinaires du département, ainsi que des représentants des parquets de Grasse et de Nice. Pour plus de détails, voir notre précédent billet sur ce thème: “Un département lance des contrôles privés en maison de retraite”.

Les réactions des inspecteurs de l’action sanitaire et sociale

Nous avons reçu des commentaires nombreux, critiquant l’initiative du département. Le SNIASS (Syndicat National des Inspecteurs de l’Action Sanitaire et Sociale) nous a adressé sa réaction officielle (Pour accéder au site du syndicat: www.sniass.fr). Les inspecteurs de l’action sociale dénoncent le manque de moyens mis à la disposition de l’Action Sociale pour effectuer les contrôles. « Songeons qu’il y a en moyenne un seul inspecteur de l’action sanitaire et sociale (IASS) par département pour contrôler l’ensemble des maisons de retraite », écrivent-ils dans le commentaire qu’ils nous adressent. « Le Syndicat National des Inspecteurs de l’Action Sanitaire et Sociale condamne l’ouverture des missions régaliennes de l’Etat à la concurrence  du secteur privé », poursuivent-ils, en dénonçant « le retrait de l’Etat du secteur sanitaire et social ! ». D’autres commentaires encore font état de la légitimité problématique de ces contrôles privés, d’un point de vue juridique.

Notre opinion : garantir le meilleur accueil en maison de retraite !
Ce qui importe avant tout, à nos yeux, c’est l’intérêt des familles et des personnes âgées. Nous militons pour un développement de la bientraitance en résidence, et pour la fermeture des établissements qui sont coupables de maltraitance. Evidemment, les fonctionnaires de la DDASS s’inquiètent de voir apparaître des organismes privés : ils défendent leurs intérêts catégoriels. D’un point de vue pragmatique, l’initiative des Alpes-Maritimes ne peut être que louable : doubler le nombre de contrôles effectués en maison de retraite et offrir aux personnes âgées de meilleures garanties. Souhaitons donc – en attendant que l’Etat n’augmente budgets et effectifs- que d’autres départements emboîtent le pas à l’Essonne et aux Alpes-Maritimes !

Premier bilan pour le guichet unique Alzheimer

Mardi 26 février 2008

Le guichet unique pour les malades d’Alzheimer fait parti des propositions retenues dans le Plan Alzheimer 2008-2012 présenté le 1er février par le Président de la République. Or cette idée, pour novatrice qu’elle soit, n’est pas sans précédent. « Tout Sous un Même Toit » vient d’être inauguré officiellement à Paris, après un an de fonctionnement expérimental. Récit.

Un accueil innovant pour les malades d’Alzheimer

Il y a un an, l’hôpital Notre-Dame-de-Bon-Secours, situé à Paris dans le 14ème arrondissement, inaugurait une structure innovante : le guichet unique pour l’accueil des malades Alzheimer et de leur famille. Couronnant son succès, cette structure nommée « Tout Sous un Même Toit », vient d’être officiellement inaugurée au mois de février.
« Tout Sous un Même Toit » propose aux malades et à leurs aidants l’ensemble de l’assistance dont ils ont besoin : écoute, conseil, aide, accompagnement personnalisé au domicile ou vers une structure d’accueil, évaluation de la situation du malade, etc.
Le guichet est animé par une équipe de professionnels expérimentés qui permettent d’assurer une prise en charge complète, à tous les stades de développement de la maladie.
Le guichet constitue un lieu unique de référence pour toute personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. Il matérialise un lieu de rencontre, un endroit permettant d’épauler les malades et leurs aidants. Des formations y sont proposées, pour permettre aux aidants de mieux prendre en charge leur proche. Une plateforme de soutien téléphonique est également animée par l’ équipe de « Tout Sous un Même Toit ».

Premier bilan au bout d’un an : un exemple à suivre
En un an d’activité, le guichet a répondu à plus de 700 appels, permis l’accueil de plus de 100 malades, et organisé plus de 150 visites à domicile. Les formations qui s’y sont déroulées ont permis d’apporter un meilleur soutien aux aidants et le guichet, entré à présent dans sa deuxième année de fonctionnement, constitue un exemple pour les futurs lieux d’accueil centralisés et uniques que le Plan Alzheimer a pour ambition de développer. « Tout sous un même toit » bénéficie actuellement aux malades d’Alzheimer de Paris et des environs. Nul doute que cet exemple remarquable ne soit largement suivi en régions dans les prochains mois.

« Tout sous un même toit »
68 rue des plantes (Bat.D16) – 75014 Paris
Tél. 01 40 52 41 14
du lundi au vendredi
9h30 – 12h30
14h00 – 17h00
Email : tsmt@ndbs.org

Thérapie canine en maison de retraite

Lundi 25 février 2008

Les maisons de retraite médicalisées accueillent de nombreux malades d’Alzheimer, que la maladie coupe peu à peu de la réalité. Outre l’aspect apaisant de nos compagnons à quatre pattes, les chiens peuvent constituer, en maison de retraite, une véritable thérapie à part entière pour ces résidants atteints de troubles du cerveau. Explications.

La « canithérapie » se répand en maison de retraite

La canithérapie  est connue depuis plusieurs années dans les domaines de l’aide apportée aux enfants autistes, ou bien dans l’accompagnement de personnes handicapées. Plusieurs associations se sont récemment développées en France, dans le but d’organiser la venue de chiens en maisons de retraite. La présence des chiens apaise en effet les personnes âgées, et les aide à sortir de leur isolement.

Les chiens au service de malades d’Alzheimer hébergés en maison de retraite
Lorsqu’il s’agit de malades d’Alzheimer, ou bien de maladies du même type, la dégénérescence cérébrale a des conséquences plus grave et profonde sur la faculté des personnes âgées à communiquer avec l’extérieur. La plupart des malades d’Alzheimer résidants en établissement médicalisé sont déconnectés du monde réel. Ils n’ont plus aucun repère, ni dans l’espace, ni dans le temps, et sombrent facilement dans l’isolement. La thérapie canine peut aider ces malades d’Alzheimer à se « reconnecter » au monde réel.

Le toilettage des chiens par les personnes âgées : un moment de tendresse et de joie
Lorsque Nathalie, 32 ans, éducatrice canine de l’association Handichiens – spécialisée à l’origine dans le dressage de chiens d’accompagnement pour personnes handicapées – organise une séance en maison de retraite,  c’est le succès garanti à chaque fois. Les personnes âgées ne se font pas prier pour participer au toilettage des chiens, essentiellement de race Labrador ou Golden Retriever, qu’ils en profitent pour dorloter et caresser. Les plus renfermés des résidents se mettent à parler ; les regards s’illuminent : les animaux ont apporté de la joie de vivre !


Les vertus thérapeutiques des chiens en maison de retraite

Les animaux de compagnie ont un rôle tellement bénéfique sur la santé et la psychologie des personnes âgées que les médecins ont préconisé leur introduction dans les maisons de retraite médicalisées. La présence de chiens et de chat détend l’atmosphère et favorise la communication. L’intervention des animaux de compagnie auprès de personnes malades, âgées ou dépendantes, est un phénomène né aux Etats-Unis au début des années 80 sous le nom de « pet therapy » (thérapie animale). En France, l’AFIRAC (Association Française d’Information et de Recherche sur l’Activité Animale) a recensé une soixantaine d’expériences de ce que l’on appelle ici « AAA », Activités Associant l’Animal.

Multiplier les initiatives en maison de retraite

Parmi les associations à la pointe de ces initiatives de thérapie par la rencontre de personnes âgées et de chiens, deux organismes se distinguent : il s’agit de l’association « Handichiens », qui élargit ses activités à l’intervention en maison de retraite ; ainsi que de l’association « Parole de chien », qui fait intervenir bénévolement des couples « maître & chien » pour intervenir, soit en hôpital, soit en maison de retraite.

Pour contacter ces associations :
Handi’chiens 
151-161 rue Nationale
Paris 75013
Téléphone :     01 45 86 58 88
Télécopie :     01 45 86 50 76

Association Parole de Chien
33, rue de la Chaussée d’Antin
75 009 Paris
Téléphone : 01.42.85.23.39
E-mail : contact@parole-de-chien.com