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Archive pour avril 2007

Autres sondages: les français et les maisons de retraite

Lundi 23 avril 2007

Après l’indigestion de chiffres que la soirée des résultats électoraux a pu causer, et en attendant les vagues de sondages électoraux en vue du second tour des élections présidentielles, nous avons souhaité vous présenter un sondage d’un autre genre. Il s’agit d’une enquête Sofres sur l’opinion des français sur les maisons de retraite.

La prise en charge des personnes âgées par les pouvoirs publics
37% des français estiment satisfaisante à l’heure actuelle la prise en charge des personnes âgées par les pouvoirs publics. Ils sont 55% au contraire à la juger peu ou pas satisfaisante. Une donnée que les candidats en lice pour le second tour feraient bien de prendre en compte, s’ils veulent répondre aux attentes de la société sur ce point.

L’opinion des français sur les maisons de retraite

29% des personnes interrogées ont une opinion plutôt mauvaise des maisons de retraite, 7% d’entre eux ayant même une mauvaise opinion de ces institutions. A contrario, 53% des français ont une très bonne opinion (2%) ou plutôt une bonne opinion (51%) sur les maisons de retraite.
83% des sondés estiment que les proches de la personne âgée sont rassurés de la savoir en sécurité. 73% sont plutôt d’accord à dire que la personne âgée entrant en résidence est souvent moins seule et moins isolée. Enfin, 71% des français pensent que la personne âgée résident en maison de retraite y bénéficie d’une meilleure prise en charge médicale.
Le bât blesse en revanche au plan de l’opinion des français sur les cas de maltraitance. Seuls 58% des français ne sont pas d’accord avec l’idée selon laquelle les personnes âgées seraient maltraitées en établissement. 15% n’émettent pas d’opinion, et il se trouve 27% de personnes interrogées pour se dire plutôt d’accord sur le fait que les personnes âgées y sont souvent maltraitées.

Des résultats paradoxaux qui expriment le dilemme des familles
Les résultats de l’enquête peuvent se révéler paradoxaux. D’un côté, les français semblent très largement penser que la maison de retraite est une institution garante de la santé et de la sécurité de leurs proches parents âgés. De plus la vie en résidence est considérée comme un bon rempart à la solitude et à l’isolement. Mais d’autre part, l’opinion globale que le public a des établissements d’accueil pour personnes âgées n’est que légèrement favorable (53%). Comme si les français semblaient marquer ainsi leurs craintes ou leur culpabilité à placer leur proche en résidence. Les maisons de retraite devraient donc soigner leur image auprès du public. Rien de mieux, pour pallier ce déficit d’image, que multiplier les initiatives de transparence, par exemple d’organiser des journées portes ouvertes. Cela aiderait également par ailleurs à lever les craintes de plus du quart des sondés au sujet de la maltraitance. La surmédiatisation de certains faits divers scandaleux n’a pas aidé. Gageons que les initiatives favorisant la bientraitance, tant publiques (le plan de lutte anti-maltraitance) que privées (la ‘philosophie de l’Humanitude’), ne tarderont pas à porter leurs fruits.

Source : Enquête TNS-Sofres réalisée pour le Synerpa (Avril 2004)

Lancement du premier «Gérontopôle» de France

Jeudi 19 avril 2007

Le ministre de la Santé, M. Philippe Bas, vient d’annoncer la création du premier ‘Gérontopôle’ de France. Il s’agit de rassembler des équipes pluridisciplinaires sous un même toit afin de favoriser la recherche en gérontologie. Les pouvoirs publics souhaitent ainsi insuffler une nouvelle dynamique à la recherche sur la longévité et de promouvoir un vieillissement en bonne santé.

L’espoir de promouvoir la santé des personnes âgées
Un million cent mille français sont aujourd’hui âgés de plus de 85 ans. Ce nombre aura doublé d’ici 2020. Le nombre des personnes souffrant de perte d’autonomie suite à l’apparition d’une maladie du vieillissement ne cesse de croître. 12% des personnes de plus de 70 ans sont atteints d’une maladie neurodégénérative.  C’est dire l’espoir que représente la création de pôles de recherche, afin de promouvoir la connaissance de la santé des pers
onnes âgées, à accroître la prévention et le dépistage précoce des pathologies spécifiques au grand âge.

Des ‘Gérontopôles’ sur le modèle des ‘Cancéropôles’
Le ‘Gérontopôle’ expérimental de Toulouse est appelé à être le premier d’une longue série. Sur le modèle des ‘Cancéropôles’, la création des ‘Gérontopôles’ va permettre de rassembler des équipes de recherche dans les domaines médical et médico-social. Ces pôles mèneront des recherches sur les processus de la longévité, tant sur les plans biologiques que psychologiques et cognitifs. D’autres domaines seront également explorés, tels que la prévention des polypathologies, la recherche sur l’Alzheimer et les maladies voisines, ainsi que les aspects socio-économiques de la prise en charge des personnes pagées à domicile et en institution.

Le Tai-chi pourrait améliorer la santé des seniors

Mercredi 18 avril 2007

Le Tai-chi Chuan, cette gymnastique chinoise à mi-chemin entre méthode de relaxation et art martial, est de plus en plus populaire en Europe. Pratiquée depuis des siècles en Asie, on prête à cette discipline plein de bienfaits. Des scientifiques viennent de confirmer l’intérêt thérapeutique de cette pratique. Explications.

Une action prouvée dans l’immunité contre le zona

Dans son édition d’Avril 2007, le journal de recherche en gériatrie American Geriatrics Society, publiait une étude montrant la corrélation entre la pratique du Tai-Chi et l’immunité face au zona. Le zona touche, après 50 ans, une personne sur cinq ayant été atteinte de varicelle, et plus on avance en âge, plus le risque augmente.
112 adultes en bonne santé, âgés de 59 à 86 ans, ont pris part à l’étude. Tous les participants avaient été affectés par la varicelle dans le passé.
Pendant trois mois, la moitié des personnes ont suivi le cours de Tai-chi et l’autre moitié a participé à un cours de prévention sanitaire. Six mois après, le groupe Tai-chi a montré un niveau d’immunité, vis-à-vis du zona, deux fois plus élevé que le pour le second groupe. De plus, les membres du premier groupe ont bénéficié d’une amélioration de leur santé générale et de leur moral.

Des espoirs en vue pour lutter contre d’autres maladies infectieuses
Les chercheurs, bien que très encouragés par cette première phase expérimentale, ne s’expliquent pas encore clairement les mécanismes d’action qui permettent à la pratique du Tai-chi de favoriser les défenses immunitaires. Pourtant, selon le directeur du département d’immunologie de l’université de Californie (UCLA), «il s’agit de découvertes passionnantes, parce que les résultats positifs de cette étude ont également une portée sur la connaissance d’autres maladies infectieuses comme la grippe et la pneumonie.» A quand des clubs de Tai-chi réservés aux personnes âgées ? L’appel est lancé !

Mobi, une combinaison à revêtir pour se mettre dans la peau des seniors

Mardi 17 avril 2007

Comment mieux s’occuper des personnes âgées, à domicile, en maison de retraite, ou bien en institution hospitalière ? Le personnel soignant et les aidants doivent faire l’effort de se mettre à la place des personnes dont elles s’occupent. La technologie s’en mêle, grâce à une combinaison révolutionnaire.

Mieux comprendre les personnes âgées

Que ressent-on dans un corps de 80 ans ? Quelles sont les douleurs, les difficultés de se mouvoir et les limitations corporelles dont souffrent les personnes âgées ? Autant de questions dont les réponses théoriques ne seront jamais complètement satisfaisantes. C’est pour cela que la «combinaison du troisième âge» ‘Mobi’, inventée par des chercheurs de l’université anglaise de Leads, constitue une réelle innovation.

Une combinaison de simulation de la vieillesse
A l’origine, la combinaison avait été créée pour répondre à une demande de la firme automobile Ford, qui souhaitait faire comprendre à ses ingénieurs trentenaires les besoins spécifiques d’une auto conduite par des plus de cinquante ans. Il s’agit d’une combinaison ressemblant à un bleu de travail en tissus épais, à laquelle sont ajoutées des prothèses qui raidissent les articulations, simulant ainsi les effets de l’arthrose. Les personnes encore jeunes chargées de développer des produits ou des offres de service aux personnes pagées peuvent ainsi se mettre littéralement dans la peau de ceux-ci. Le cabinet de conseil Seniosphère, qui possède la licence d’exploitation de la combinaison en Europe, organise ainsi des formations appréciées. «Ce qui est frappant,» confie une des responsables de la société, «c’est de voir comment un jeune homme adopte d’emblée la démarche et le comportement d’un septuagénaire» en revêtant ‘Mobi’.

Source : Le Monde 2 – numéro 152 du 13/01/2007

Maintien à domicile : il faut beaucoup plus de professionnels !

Lundi 16 avril 2007

La charge du maintien à domicile est aujourd’hui portée en très grande partie par l’entourage familial. En effet, les « aidants familiaux » assurent actuellement 80% des tâches nécessaires au maintien à domicile. Or les personnes âgées d’aujourd’hui ont eu moins d’enfant, et les aidants naturels sont donc de moins en moins nombreux. La solution passe par une professionnalisation accrue de l’aide à domicile. Panorama de la situation.


Un entourage familial solidaire mais de moins en moins disponible

Les enquêtes d’opinion montrent que, contrairement à ce que l’on aurait pu croire, la solidarité familiale n’est pas une valeur qui disparaît. Au contraire, les français se disent prêts à aider leurs proches, à les soutenir et à répondre présent en cas de besoin. Mais à l’impossible nul n’est tenu, et les aidants naturels sont de moins en moins disponibles.
A cela plusieurs raisons :
1/ Les personnes atteignant actuellement le grand âge ont eu moins d’enfants que les générations précédentes ;
2/ Les femmes travaillent de plus en plus, et ne peuvent pas consacrer autant d’heures à aider leurs parents qu’auparavant ;
3/ Les femmes de la génération du Baby-boom ont eu des enfants beaucoup plus tard, ceux-ci sont donc plus jeunes et se trouvent en moyenne être moins disponibles du fait de leurs occupations professionnelles.

Réduction du nombre des aidants de 2010 à 2040
Cette tendance devrait s’accentuer dans les prochaines années, le nombre des aidants naturels devrant diminuer à partir de 2010 alors que celui des personnes dépendantes continuera à s’accroître. Selon les projections de l’INSEE, le nombre d’aidants naturels par homme dépendant devrait passer de 2.8 aujourd’hui à 2.2 en 2040 (alors que pour les femmes ce nombre devrait passer de 2.2 à 2). C’est d’autant plus inquiétant qu’à l’heure actuelle seul un bénéficiaire de l’APA sur quatre ne bénéficie que d’une aide professionnelle, tandis que 68%¨bénéficient d’une aide mixte (entourage et professionnels) et 7% ne se font uniquement aider que par des proches.

Une professionnalisation inéluctable

La démographie, mais aussi l’évolution sociologique de la société française, vont ainsi pousser à une professionnalisation accrue du secteur de l’aide à domicile. L’éloignement des proches et les familles recomposées vont aussi peser en ce sens, alors que les besoins ne vont pas cesser de croître. On estime en effet qu’il y aura 500 000 personnes de plus âgées de plus de 85 ans entre 2007 et 2012, et que leur nombre augmentera de 140% d’ici 2020. Ce que le ministre Philippe Bas a surnommé le « Tsunami de la dépendance » nécessitera inéluctablement la création de plusieurs dizaines de milliers d’emplois dans les secteurs associés.

Et encore : le problème du financement de la dépendance ressurgit…

C’est tout un secteur économique qui va, dès à présent, se structurer et se développer. Les prestataires de service, les métiers du soin à domicile, les aides à la prise en charge, autant de domaines auparavant l’apanage quasi-exclusif des femmes, filles ou belles-filles, qui vont à présent se professionnaliser. Tout cela a un coût !
Le poids de la dépendance dans le PIB devrait en effet passer de 0.94% en 2005 à 1.55% en 2025. Le financement de la dépendance était chiffré à 13.5 milliards d’euros en 2005 et pourrait atteindre 32 milliards en 2025. Autant dire que l’on ne pourra faire l’économie d’un débat sur le financement de ces dépenses et qu’il faudra y trouver – plus tôt que l’on ne pense – des solutions à apporter.