C’est un phénomène dont on parle peu : ni grande maladie, ni à proprement parler un ‘danger’, la presse et, par conséquent, le grand public, abordent peu le thème de la solitude des personnes âgées. Pourtant, les derniers chiffres disponibles font état de huit millions de personnes isolées.
Une solidarité familiale à l’épreuve
Selon une grande enquête menée à l’automne dernier par le collectif « Combattre la solitude des personnes âgées », qui a recueilli le témoignage de 5000 personnes isolées, c’est de l’absence d’un entourage actif qu’émane bien souvent le sentiment de solitude. Ce vide est d’autant plus prégnant que les personnes avancent en âge.
35% des personnes âgées se sentent souvent ou très souvent seules
74% des personnes âgées souffrent de solitude : pour 35% d’entre nos aînés, cette solitude est fréquente ou très fréquente, alors que 39% déclarent se sentir seuls ‘de temps en temps’. La solitude est aussi question d’âge : alors que les 60-65 ans jouissent encore d’un entourage ‘très dense’, les personnes âgées de plus de 83 ans souffrent d’un entourage ‘très pauvre’. L’âge charnière identifié est la tranche 79-83 ans. C’est à ce moment que se produisent les plus grands changements, et dans de nombreux cas le décès du conjoint.
Le rôle central de la famille
L’existence d’une famille et, plus encore, d’une famille comportant de nombreux membres, joue un rôle capital contre le sentiment de solitude. Chez ceux qui n’ont qu’un ou deux proches parents, le sentiment de solitude est trois fois plus fréquent que chez ceux dont la famille compte une dizaine de membres. Plus la famille est nombreuse, plus les occasions de contact le sont aussi. La famille joue un rôle à part, que les bénévoles ne parviennent pas à combler vraiment : dans plus de la moitié des cas, c’est à la famille que s’adressent les personnes âgées pour un service ou une relation de confiance ; les bénévoles sont nettement moins sollicités.
Une personne âgée sur cinq n’a personne à qui parler
C’est l’expression quotidienne qui disparaît le plus dans les tranches âgées de la population. C’est ainsi que, corollaire de la solitude, 18% des personnes âgées n’a pas l’occasion de parler à quelqu’un chaque jour.
La solitude : un facteur déclenchant de la maladie d’Alzheimer ?
Selon une étude américaine menée à l’université Rush de Chicago, les personnes âgées souffrant de solitude ont deux fois plus de risque de souffrir de la maladie d’Alzheimer. « Le sentiment de solitude est associé à un déclin des fonctions intellectuelles et au développement d’une démence, selon des mécanismes physiopathologiques propres différents de ceux de la maladie d’Alzheimer », concluent les chercheurs.